‹ Œuvres choisies (volume 3)Chapitre 104 sur 139 · Tit., n · texte numérisé non relu

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tions domestiques et fraternelles, enfin l'esprit d'union avec les Églises où le ministère fleurit, les conserveroient dans l'unité, sous l'autorité du corps des pasteurs.

Mais je veux bien aller plus loin et supposer que ces pauvres chrétiens fussent hors d'espérance de pouvoir avoir jamais de vaisseau ni de communication avec les Églises pourvues de pasteurs : que s'ensuitil de là? que s'il n'y a que des femmes qui soient échappées du naufrage, elles sont en droit, selon M. Jurieu, d'imposer les mains à quelqu'une d'entre elles, et de l'ériger en pasteur pour administrer le baptême et la cène. Il sait que dans son Église il n'y a que les pasteurs qui administrent ces deux sacrements, que les anciens en sont exclus par la discipline, et que ce fut l'absolue nécessité d'avoir un pasteur pour baptiser l'enfant du sieur de La Ferrière, sans les superstitions et cérémonies de VÉgïise romaine, qui fit élire Jean Le Masson pour premier ministre de leur nouvelle Église de Paris. Ces femmes pouvoient être enceintes, et accoucher de plusieurs garçons dans l'île déserte. Cependant elles font naturellement entre eUes une Église qui ne peut consiS" ter, sinon qu'il y ait des pasteurs qui aient la charge d'enseigner. Leur sexe n'a pas moins le droit naturel de toute société que celui des hommes. En Jésus - Christ, il n'y a ni mâle ni femelle K Comment M. Jurieu décidera-t-il de ce cas? Mais je n'ai encore qu'à lui opposer ma supposition sur l'Écriture, qui est toute semblable à celle qu'il fait sur les pasteurs. Je suppose que ces chrétiens n'ont aucune Bible et n'en peuvent jamais avoir. Ce sont des matelots et des soldats grossiers et ignorants, des marchands qui n'ont qu'un souvenir très-confus et très-superficiel de l'Écriture, et qui ne savent pas même lire. La referont-ils à leur mode, comme on veut qu'ils fassent un nouveau ministère, ou bien se passeront-ils de l'Écriture? Qu'on me réponde. Si on dit qu'ils se sauveront sans l'Écriture, je dirai de même qu'ils se sauveront aussi sans pasteurs. Mais enfin, comme le besoin ne leur donne pas un titre pour refaire l'Écriture, il ne leur en donne point aussi pour refaire le ministère pastoral. L'un est la révélation de Dieu : l'autre est son dépôt et sa commission. L'un et l'autre ne peut jamais être suppléé par l'autorité humaine : il faut, pour l'un et pour l'autre, que Dieu parle lui-même. On voit par là combien sont inutiles contre nous ces exemples tant vantés, puisqu'ils retombent sur les protestants. Qu'ils les abandonnent donc et qu'ils remarquent avec nous que la Providence, qui veiUe sur les chrétiens, n'a jamais permis que le cas qu'ils nous objectent soit arrivé : tant il est attaché à la promesse, que les troupeaux ne seront jamais sans quelque pasteur avec qui Jésus-Christ les endoctrine. Mais si le cas qu'on m'oppose n'est jamais arrivé, celui que j'objecte aux protestants n'est pas de même; car saint Irénée nous représente des peuples barbares, qui étoient parfaits chrétiens, et qui n'avoient aucun livre canonique écrit en leurs langues. Enfin si le ministère vient, comme nous l'avons prouvé, non de la simple électio^i du peuple, mais de la commission expresse de Jésus-Christ attachée à

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