‹ Œuvres choisies (volume 3)Chapitre 63 sur 139 · Oiuuriéine amowr. Voy. p · texte numérisé non relu

Oiuuriéine amowr. Voy. p

des motifs intéressés, quand on commence, suivant l'attrait de sa grâce, à lui montrer le pur amour. Il suffit de lui faire voir en certaines occasions combien Dieu est aimable en lui-même, sans la détourner jamais de recourir au soutien de l'amour mélangé.

Parler ainsi, c'est parler comme l'esprit de grâce et l'expérience des voies intérieures feront toujours parler; c'est prévenir les âmes contre l'illusion.

Faux. — L'amour intéressé est un amour bas, grossier, indigne de Dieu, que les âmes généreuses doivent mépriser. Il faut se bâter de leur en donner le dégoût, pour les faire aspirer, dès les commencements, à un amour pleinement désintéressé.'

II faut leur ôter les motifs de la crainte sur la mort , sur les jugements de Dieu et sur Tenfer, qui ne conviennent qu'à des esclaves; il faut leur ôter le désir de la céleste patrie, et retrancher tous les motifs intéressés de l'espérance. Après leur avoir fait goûter l'amour pleinement désintéressé, il faut supposer qu'elles en ont l'attrait et la grâce ; il faut les éloigner de toutes les pratiques qui ne sont pas dans toute la perfection de cet amour tout pur.

Parler ainsi, c'est ignorer les voies de Dieu et les opérations de sa grâce. C'est vouloir que l'esprit souffle où nous voulons, au lieu qu'il souffle où il lui plaît. C'est confondre les degrés de la vie intérieure. C'est inspirer aux âmes l'ambition et l'avarice spirituelles, dont parle le bienheureux Jean de la Croix. C'est les éloigner de la véritable simplicité du pur amour, qui se borne à suivre la grâce sans entreprendre jamais de la prévenir. C'est tourner en mépris les fondements de la justice chrétienne, je veux dire la crainte, qui est le commencement de la sagesse, et l'espérance par laquelle nous sommes sauvés.

Art. IV. — Vrai. — Dans l'état habituel du plus pur amour, l'espérance, loin de se perdre, se perfectionne, et conserve sa distinction d'avec la charité. 1° L'habitude en demeure infuse dans l'âme , et elle y est conforme aux actes de cette vertu qui doivent être produits. 2° L'exercice de cette vertu demeure toujours distingué de celui de la charité. Voici comment. Ce n'est pas la diversité des fins qui fait la diversité ou spécification des vertus. Toutes les vertus ne doivent avoir qu'une seule fin, quoiqu'elles soient distinguées les unes des autres par une véritable spécification. Saint Augustin assure' que la chanté exerce elle seule toutes le% vertus, et qu'elle prend divers noms, suivant les divers objets auxquels elle s'applique. Saint Thomas dit quela charité est la forme de toutes les vertus, parce qu'elle les exerce et les rapporte toutes à la fin, qui est la gloire de Dieu. Saint François de Sales, quia exclu si formellement, et avec tant de répétitions, tout motif intéressé de toutes les vertus des âmes parfaites, a marché précisément sur les vestiges de saint Augustin et de saint Thomas, qu'il a cités. Ils ont tous suivi la tradition universelle qui met un troisième degré de justes, lesquels excluent tout motif intéressé de la pureté de leur amour. Il est donc constant qu'il ne faut plus chercher dans cet

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