De mortb. Ecoles., liv. I
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état une espérance exercée par un motif intéressé : autrement ce seroit défaire d'une main ce qu'on auroit fait de l'autre: ce seroit se jouer d'une si sainte tradition; ce seroit affirmer et nier la même chose en même temps; ce seroit vouloir trouver le motif de l'intérêt propre dans l'amour pleinement désintéressé. Il faut donc se bien souvenir que etn'est pa^la diversité de fins ou de motifs qui fait la distinction ou spécification des vertus. Ce qui fait cette distinction est la diversité des objets formels. Afin que l'espérance demeure véritablement distinguée de la charité, il n'est pas nécessaire qu'elles aient des fins différentes: au contraire, pour être bonnes elles doivent se rapporter à la même fin. Il suffit que l'objet formel de l'espéiiince ne soit pas l'objet formel de la charité. Or est-il que, dans l'état habituel de l'amour le plus désintéressé, les deux objets formels de ces deux vertus demeurent trèsdifférents; donc ces deux vertus conservent en cet état une distinction et une spécification véritable dans toute la rigueur scolastique. L'objet formel de la charité est la bonté ou beauté de Dieu, prise simplement et absolument en elle-même, sans aucune idée qui soit relative à nous. L'objet formel de l'espérance est la bonté de Dieu en tant que bonne pour nous et difficile à acquérir : or est-il que ces deux objets, pris dans toute la précision la plus rigoureuse et suivant leur concept formel, sont très-différents. Donc la différence des objets conserve la distinction ou spécification de ces deux vertus. Il est constant que Dieu en tant que parfait en lui-même et sans rapport à moi, et Dieu en tant qu'il est mon bien que je veux tâcher d'acquérir, sont deux objets formels très-différents. Il n'y a aucune confusion du côté de l'objet qui spécifie les vertus; il n'y en a que du côté de la fin, et cette confusion y doit être : elle n'altère en rien la spécification des vertus. L'unique difficulté qui reste est d'expliquer comment une âme pleinement désintéressée peut vouloir Dieu en tant qu'il est son bien. K'est-ce pas, dira-t-on, déchoir de la perfection de son désintéressement, reculer dans la voie de Dieu, et revenir à un motif d'intérêt propre, malgré cette tradition des saints de tous les siècles, qui excluent du troisième état des justes tout motif intéressé? Il est aisé de répondre que le plus pur amour ne nous empêche jamais de vouloir, et nous fait même vouloir positivement tout ce que Dieu veut que nous voulions. Dieu veut que je veuille Dieu, en tant qu'il est mon bien, mon bonheur, et ma récompense. Je le veux formellement sous cette précision : mais je ne le veux point par ce motif précis qu'il est mon bien. L'objet et le motif sont différents; l'objet est mon intérêt, mais le motif n'est point intéressé, puisqu'il ne regarde que le bon plaisir de Dieu. Je veux cet objet formel, et dans cette réduplication, comme parle l'école : mais je le veux par pure conformité à la volonté de Dieu . qui me le fait vouloir. L'objet formel est celui de l'espérance commune de tous les justes, et c'est l'objet formel gui spécifie les vertus. La fin est la même que celle de la charité; mais nous avons vu que l'unité de fin ne confond jamais les vertus. Je puis sans doute vouloir mon souverain bien en tant qu'il est mon souverain bien , en tant qu'il est ma récompense et non celle d'"un autre, et le vouloir pour rne coT>*brmer à Dieu, qui
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Veut que je le veuille. Aiors je veux ce qui est réeliemenl et ce que je connois comme le plus grand de tous mes intérêts, sans qu'aucun motif intéressé m'y détermine. En cet état, l'espérance demeure distinguée de la charité , sans altérer la pureté ou le désintéressement de son état. C'est ce que saint François de Sales a expliqué par ces paroles, qui sont d'une précision si théologique' : C'est chose hien diverse dédire: J'aime Dieu pour moi, et de dire : J'aime Dieu pour l'amour de moi.... L'une est une sainte affection de Vépouse.... Vautre est une impiété nonpareille, etc.
Parler ainsi , c'est conserver la distinction des vertus théologales dans les états les plus parfaits de la vie intérieure, et par conséquent ne se départir en rien de la doctrine du saint concile de Trente. En même temps c'est expliquer la tradition des Pères, des docteurs de l'école et des saints mystiques, qui ont supposé un troisième degré de justes, qui sont dans un état habituel de pur amour sans aucun motif d'intérêt.
Faux. —Dans ce troisième degré de perfection, une âme ne veut plus son salut comme son salut, ni Dieu comme son souverain bien, ni la récompense comme récompense, quoique Dieu veuille qu'on ait cette volonté. D'où il s'ensuit qu'en cet état on ne peut plus faire un acte de vraie espérance distingué de la charité; c'est-à-dire qu'on ne peut plus désirer ni attendre l'effet des promesses en soi et pour soi , même pour la gloire de Dieu.
Parler ainsi , c'est mettre la perfection dans la résistance formelle à la volonté de Dieu, qui veut notre salut, et qui veut que nous le voulions pour sa gloire, comme notre propre récompense. En même temps c'est confondre l'exercice des vertus théologales, contre la décision du saint concile de Trente.
Art. V. — Vrai. Il y a deux états différents parmi les âmes justes. Le premier est celui de la sainte résignation. L'âme résignée veut, ou du moins voudroit plusieurs choses pour soi, par le motif de son intérêt propre. Saint François de Sales dit* qu'elle a encore des désirs propres, mais souïnis. Elle soumet et subordonne ses désirs intéressés à la volonté de Dieu, qu'elle préfère à son intérêt. Par là, cette résignation est bonne et méritoire. Le second état est celui de la sainte indifférence. L'àme indifférente ne veut plus rien pour soi, par le motif de son propre intérêt : elle n'a plus de désirs intéressés à soumettre, parce qu'elle n'a plus aucun désir intéressé. Il est vrai qu'il lui reste encore des inclinations et des répugnances involontaires, qu'elle soumet ; mais elle n'a plus de désirs volontaires et délibérés pour son intérêt, excepté dans les occasions où elle ne coopère pas fidèlement à toute sa grâce. Cette âme, indifférente quand elle remplit sa grâce, ne veut plus rien que pour Dieu seul, et que comme Dieu le lui fait vouloir par son attrait.
Elle aime, il est vrai, plusieurs choses hors d^î Dieu, mais elle ne les aime que pour le seul amour de Dieu, et de l'amour de Dieu même;
i. 4mottr de Dieu, liv. I, cbap. xvn. — 2. Ibid.y liv. IX.
car c'est Dieu qu'elle aime dans tout ce qu'il lui fait aimer. La sainte indiflFérence n'est que le désintéressement de l'amour, comme la sainte résignation n'est que l'amour intéressé, qui soumet l'intérêt propre à ia gloire de Dieu. L'indifférence s'étend toujours tout aussi loin, et jamais plus loin, que le parfait désintéressement de l'amour. Comme l'indifférence est l'amour même, c'est un principe très-réel et très-positif. C'est une volonté positive et formelle qui nous fait vouloir ou désirer réellement toute volonté de Dieu qui nous est connue. Ce n'est point une indolence stupide, une inaction intérieure, une non-volonté, une suspension générale, un équilibre perpétuel de l'àme. Au contraire, c'est une détermination positive et constante de vouloir et de ne vouloir rien, comme parle le cardinal Bona. On ne veut rien pour soi ; mais on veut tout pour Dieu : on ne veut rien pour être parfait ni bienheureux, pour son propre intérêt; mais on veut toute perfection et toute béatitude, autant qu'il plaît à Dieu de nous faire vouloir ces choses par l'impression de sa grâce, suivant sa loi écrite, qui est toujours notre règle inviolable. En cet état on ne veut plus le salut comme salut propre, comme délivrance étemelle, comme récompense de nos mérites, comme le plus grand de nos intérêts : mais on le veut d'une volonté pleine, comme la gloire et le bon plaisir de Dieu, comme une chose qu'il veut et qu'il veut que nous voulions pour lui.
Il y auroit une extravagance manifeste à refuser par pur amour de vouloir le bien que Dieu veut nous faire, et qu'il nous commande de vouloir. L'amour le plus désintéressé doit vouloir ce que Dieu veut pour nous, comme ce qu'il veut pour autrui. La détermination absolue à ne rien vouloir ne seroit plus le désintéressement, mais l'extinction de l'amour, qui est un désir et une volonté véritable : elle ne seroit plus la sainte indifférence; car l'indifférence est l'état d'une âme également prête à vouloir ou à ne vouloir pas, à vouloir pour Dieu tout ce qu'il veut, et à ne vouloir jamais pour soi ce que Dieu ne témoigne point vouloir : au lieu que cette détermination insensée à ne vouloir rien est une résistance impie à toutes les volontés de Dieu connues et à toutes les impressions de sa grâce. C'est donc une équivoque facile à lever, que de dire qu'on ne désire point son salut. On le désire pleinement comme volonté de Dieu. Il y auroit un blasphème horrible à le rejeter en ce sens, et il faut parler toujours là-dessus avec précaution. Il est vrai seulement qu'on ne le veut pas, en tant qu'il est notre récompense, notre bien et notre intérêt. C'est en ce sens que saint François de Sales a dit% que s'il y avoit un peu plus du hon plaisir de Dieu en enfer ^ les saints quitteroient le paradis pour y aller. Et encore ailleurs ^ : Le désir de la vie éternelle est hon, mais il ne faut désirer que la volonté de Dieu. Et encore ailleurs' : Si nous pouvions servir Dieu sans mérite, nous devrions désirer de le faire. Il dit ailleurs : L'indifférence est au-dessus de la résignation, car elle n'aima rien, sinon pour la volonté de Dieu : si qu'aucune chose ne touche h cœur indifférent en la présence de lavolonîé de Dieu.... Le cœur indif-
l. II« Entretien. — 2. Ibid., p. 182. — 3. Ibid., p. 368.
férent est comme une boule de cire entre les mains de son Dieu, pour recevoir semblahlement toutes les impressions du bon plaisir éternel. Cest un cœur sans choix, également disposé à tout, sans aucun autre objet de sa volonté que la volonté de son Dieu, qui ne met point soïi amour es choses que Dieu veut, ains en la bonté de Dieu qui lesveutK Ailleurs il dit, parlant de saint Paul et de saint Martin- : Ils voient le paradis ouvert pour eux; ils voient mille travaux en terre, Vun et Vautre leur est indifférent au choix; et il n'y a que la volonté de Dieu qui puisse donner le contre-poids à leurs cœurs. Il dit^ dans la suite, que s'il savoit que sa damnation fût un peu plus agréable à Dieu qu>i sa salvation, il quitterait sa sahation, et courrait à sa damnation. Il parle encore ainsi ailleurs* : Il n'est pas seulement requis de nous reposer en la divine Providence pour ce qui regarde les choses temporelles, ains beaucoup plus pour ce qui appartient à notre vie spirituelle et à notre perfection. Ailleurs il dit : Soit pour ce qui regarda, l'intérieur, soit pour ce qui regarde l'extérieur, ne veuillez rien que ce que Dieu voudra pour vous. Enfin, il dit dans un autre endroit : Je n'ai presque point de désirs; mais si f étais à renaître , je n'en aurais point du tout. Si Dieu venait à moi, j'irais aussi à lui: s'il ne rouîoit pas venir à mai, je me tiendrais là, et n'irais pas à lui. Les autres saints des derniers siècles, qui sont autorisés dans toute FËglise, sont pleins d'expressions semblables. Elles se- réduisent toutes à dira qu'on n'a plus aucun désir propre et intéressé ni sur le mérite, si sur la perfection, ni sur la béatitude éternelle.
Parler ainsi, c'est ne laisser aucune équivoque dans une matière si délicate, où l'on n'en doit jamais souffrir; c'est prévenir tous les abus qu'on pourroit faire de la chose la plus précieuse et la plus sainte qui soit sur la terre, je veux dire le pur amour; c'est parler comme tous les Pères , comme tous les principaux docteurs de l'école , et comme tous les saints mystiques.
Faux. — La sainte indifférence est une suspension absolue de volonté, et non une volonté entière, une exclusion de tout désir même désintéressé. Elle s'étend plus loin que le parfait désintéressement de l'amour. Elle ne veut point pour nous les biens éternels que la loi écrite nous enseigne que DieunOu.s veut donner, et quïl veut que nous désirions recevoir en nous et pour nous, par le motif de sa gloire. Tout désir, même le plus désintéressé, est imparfait. La perfection consiste à ne vouloir plus rien, à ne désirer plus non-seulement les dons de Dieu, mais encore Dieu même, et à le laisser faire en nous ce qui lui plaît, sans que nous y mêlions de notre part aucune volonté réelle et positive.
Parler ainsi, c'est confondre toutes les idées de la raison humaine; c'est mettre une perfection chimérique dans une extinction absolue du christianisme, et même de l'humanité. On ne peut trouver de termes assez odieux pour qualifier une extravagance si monstrueuse.
1. Amour de Dieu, liv, IX, chap. xxi. — 2. Ibid. — 3. Ibid. 4. III» Entretien.
Art. VI. — Trni. La sainte indifférence, qui n'est que le désintéressement de l'amour, loin d'exclure les désirs désintéressés, est le principe réel et positif de tous les désirs désintéressés que lu loi écrite nous commande , et de tous ceux que la grâce nous inspire. C'est ainsi que Daniel fut nommé l'homme des désirs; c'est ainsi que le Psalmiste disait à Dieu : Tous mes désirs sont devant vos yeux, rson-seulement l'âme indifférente désire pleinement son salut, en tant qu'il est le bon plaisir de Dieu; mais encore la persévérance, la correction de ses défauts, l'accroissement de l'amour par celui des grâces, et généralement sans aucune exception tous les biens spirituels et même temporels qui sont, dans l'ordre de la Providence, une préparation de moyens pour notre salut et pour celui de notre prochain. La sainte indifférence admet non-seulement des désirs distincts et des demandes expresses, pour l'accomplissement de toutes les volontés de Dieu qui nous sont coBQues; mais encore des désirs généraux pour toutes les volontés de Dieu que nous ne connaissons pas.
Pailer ainsi, c'est parler suivant les vrais principes de la sainte indifférence, et conformément aux sentiments des saints, dont toutes les expressions, quand on les examine de près par ce qui précède et par ce qui suit, se réduisent sans peine à cette explication pure et saine dans la foi.
Faux. — La sainte indifférence n'admet aucun désir distinct, ni aucune demande formelle pour aucun bien ni spirituel ni temporel, quelque rapport qu'il ait ou à notre salut ou à celui de notre prochain. Il ne faut jamais admettre aucun des désirs pieux et édifiants auxquels nous nous pouvons trouver portés intérieurement.
Parler ainsi, c'est s'opposer à la volonté de Dieu sous prétexte de s'y conformer plus purement , c'est violer la loi écrite, qui nous commande des désirs, quoiqu'elle ne nous commande pas de les former d'une manière intéressée, inquiète ou toujours distincte. C'est éteindre le véritable amour par un raffinement insensé; c'est condamner avec blasphème les paroles de TÉcriture et les prières de l'Église, qui sont pleines de demandes et de désirs. C'est s'excommunier soi-même, et se mettre hors d'état de pouvoir jamais prier ni de cœur ni de bouche dans l'assemblée des fidèles.
Art. vu. — Vrai. — Il n'y a aucun état ni d'indifférence, ni d'aucune autre perfection connue dans l'Eglise, qui donne aux âmes ime inspiration miraculeuse ou extraordinaire. La perfection des voies intérieures ne consiste que dans une voie de pur amour qui aime Dieu sans aucun intérêt, et de pure foi, où l'on ne marche que dans les ténèbres, et sans autre lumière que celle de la foi même qui est commune à tous les chrétiens. Cette obscurité de la pure foi n'admet aucune lumière extraordinaire. Ce n'est pas que Dieu, qui est le maître de ses dons, ne puisse y donner des extases, des visions, des révélations, des communications intérieures. Mais elles ne sont point de cette voie de pure foi, et les saints nous apprennent qu'il faut alors ne s'arrêter point volontairement à ces lumières extraordinaires, mais les outrepasser, comme dit le bienheureux Jean de la Croix, et demeurer
dans la foi la plus nue et la plus obscure. A plus forte raison taut-il se garder de supposer dans les voies dont nous parlons aucune inspiration miraculeuse ou extraordinaire, par laquelle les âmes indifférentes se conduisent elles-mêmes. Elles n'ont pour règle que les préceptes et les conseils de la loi écrite, et la grâce actuelle, qui esf toujours conforme à la loi. A l'égard des préceptes, elles doivent toujours présupposer, sans hésiter ni raisonner, que Dieu n'abandonne personne s'il n'en a pas été abandonné auparavant; et par conséquent, que la grâce toujours prévenante les inspire toujours pour l'accomplissement du précepte, dans le cas où il doit être accompli. Ainsi c'est à elle à coopérer de toutes les forces de sa volonté, pour ne manquer pas à la grâce par une transgression du précepte. Pour les cas où les conseil ne se tournent point en préceptes, elles doivent sans se gêner faire les actes ou de l'amour en général, ou de certaines vertus distinctes en particulier, suivant que l'attrait intérieur de la grâce les incline plutôt aux uns qu'aux autres en chaque occasion. Ce qui est certain, c'est que la grâce les prévient pour chaque action délibérée; que cette grâce, qui est le souffle intérieur de l'esprit de Dieu, les inspire ainsi en chaque occasion ; que cette inspiration n'est que celle qui est commune à tous les justes, et qui ne les exempte jamais en rien de toute l'étendue de la loi écrite ; que cette inspiration est seulement plus forte et plus spéciale dans les âmes élevées au pur amour , que dans celles qui n'ont en partage que l'amour intéressé ; parce que Dieu se communique plus aux parfaits qu'aux imparfaits. Ainsi, quand quelques saints mystiques ont admis dans la sainte indifférence les désirs inspirés, et ont rejeté tous les autres , il faut bien se garder de croire qu'ils aient voulu exclure les désirs et les actes commandés par la loi écrite, et n'admettre que ceux qui sont extraordinairement inspirés. Ce serait blasphémer contre la loi, et en même temps élever au-dessus d'elle une inspiration fanatique. Les désirs et les autres actes inspirés dont ces saints mystiques ont voulu parler sont ceux que la loi commande , ou ceux que les conseils approuvent, et qui sont formés dans une âme indifférente ou désintéressée, par l'inspiration de la g"âce ♦oujours prévenante, sans qu'il s'y mêle aucun empressement intéressé de l'âme pour prévenir la grâce. Ainsi tout se réduit à la Jettre de la loi, et à la grâce prévenante du pur amour, à laquelle l'âme coopère sans la prévenir.
Parler ainsi, c'est expliquer le vrai sens des bons mystiques; c*est lever toutes les équivoques qui peuvent séduire les uns et scandaliser les autres ; c'est précautionner les âmes contre tout ce qui est suspect d'illusion; c'est conserver la forme des paroles saines , comme saint Paul le recommande'.
Faux. — Les âmes établies dans la sainte indifférence ne connoissent plus aucun désir même désintéressé que la loi écrite les obhge à former. Elles ne doivent plus désirer que les choses qu'uuQ inspiration miraculeuse ou extraordinaire les porte à désirer sans dé-