CONCLUSION DE TOUS CES ARTICLES
La sainte indifférence n'est que le désintéressement de l'amour. Les épreuves n'en sont que la purification; l'abandon n'est que son exercice dans les épreuves. La désappropriation des vertus n'est que le dépouillement de toute complaisance, de toute consolation, et de tout intérêt propre dans l'exercice des vertus par le pur amour. Le retranchement de toute activité n'est que le retranchement de toute inquiétude et de tout empressement intéressé par le pur amour. La contemplation n'est que l'exercice simple de cet amour réduit à un seul motif. La contemplation passive n'est que la pure contemplation sans activité ou empressement. L'état passif, soit dans les temps bornés de contemplation pure et directe, soit dans les intervaUes où l'on ne contemple pas, n'exclut ni l'action réelle ni les actes successifs de la volonté, ni la distinction spécifique des vertus, par rapport à leurs objets propres; mais seulement la simple activité ou inquiétude intéressée : c'est un exercice paisible de l'oraison et des vertus par le pur amour. La transformation et l'union U plus essentielle ou immédiate n'est que T habitude de ce pur amour qui fait lui seul toute la vie intérieure, et qui devient alors l'unique principe et Tunique motif de tous les actes délibérés et méritoires; mais cet état habituel n'est jamais ni fixe, ni invariable, ni inadmissible : Verus amor recti. comme dit saint Léon, hahet in se apostolicas auctoritates et canonicas sanctiones.
LETTRES