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n. Le premier pas pour cet examen est de vous mettre dans les dispositions que vous devez à Dieu. Voulez-vous qu'un homme de condition sente les fautes qu'il a faites dans le monde, contre l'honneur dune façon indigne de sa naissance? commencez par le faire entrer dans les sentiments nobles et vertueux que la probité et l'honneur doivent lui inspirer : alors il sentira très-vivement jusqu'aux moindres fautes quil aura commises en ce genre, U se les reprochera en toute ngueur, il en sera honteux et inconsolable. Pour nous affliger de nos fautes, il faut que nous ayons dans le cœur l'amom de la vertu qui est opposée à ces fautes -là. Voulez- vous discerner exactement toutes les fautes que vous avez commises contre Dieu? commencez à l'aimer. C'est l'amour de Dieu qui vous éclairera, et qui vous donnera un vif repentir de vos ingratitudes à l'égard de cette bonté infinie. Demandez à un homme qui ne connoît point Dieu et qui est indifférent pour lui en quoi il l'a offensé; vous le trouverez grossier sur ses fautes : il ne connoît ni ce que Dieu demande, ni en quoi on peut lui manquer II n'y a que l'amour qui nous donne une vraie délicatesse sur nos péchés Ouvrez les yeux dans un lieu sombre, vous n'apercevrez rien dans l'air* mais ouvrez-les près d'une fenêtre, aux rayons du soleil, vous y découvrirez jusqu'aux moindres atomes. Apprenez donc à connoître la bonté de Dieu, et tout ce qui lui est dû. Commencez par l'aimer, et l'amour fera votre examen de conscience mieux que vous ne sauriez le faire. Aimez, et l'amour vous servira de mémoire pour vous reprocher par un reproche tendre et qui porte sa consolation avec lui, tout ce que vous avez jamais fait contre l'amour même. Voyez un retour d'amitié vive et sincère entre deux personnes qui s'étoient brouillées • rien ne leur échappe par rapport à tout ce qui peut avoir blessé les cœurs et rompu l'union.
Vous me demanderez comment est-ce qu'on peut se donner à soimême cet amour qu'on ne sent point, surtout quand il s'agit d'un objet qu'on ne voit pas, et dont on n'a jamais été occupé : je vous réponds, monsieur, que vous aimez tous les jours des choses que vous ne voyez point. Voyez-vous la sagesse de votre ami ? voyez-vous sa sineérité, son courage , son désintéressement, sa vertu ? Vous ne sauriez voir ces objets des yeux du corps; vous les estimez néanmoins, et vous les aimez jusqu'à les préférer en lui aux richesses, aux grâces extérieures . et à tout ce qui pourroit éblouir les yeux. Aimez la sagesse et la bonté suprême de Dieu, comme vous aimez la sagesse et la bonté ip'' parfaite de votre ami : si vous ne pouvez pas avoir un amour de seu timent, au moins vous aurez un amour de préférence dans la volonté qui est le point essentiel. *
Mais cet amour même n'est point en votre pouvoir; il ne dépend point de vous de vous le donner : il faut le désirer, le demander, l'attendre, travailler à le mériter, et sentir le malheur d'en être privé. Il faut dire à Dieu d'un cœur humble, avec saint Augustin" : « 0 beauté ancienne et toujours nouvelle! je vous ai connue, et je vous ai aimée