‹ Œuvres choisies (volume 4)Chapitre 120 sur 183 · I. Virg., Eclog., a, v · texte numérisé non relu

I. Virg., Eclog., a, v

Tu rejettes mes vœux, Alexis, tu me fuis,

Sans daigner seulement demander qui je suis ;

Si mon bercail est riche, et mon troupeau fertile.

Vois nos mille brebis errer dans la Sicile ;

Leur lait, même en hiver, coule à fiots argentés.

Je répète les airs qu'Amphion a chantés,

Quand sa voix, des forêts perçant la vaste enceinte,

Rappeloit ses troupeaux epars sur l'Aracynthe.

Mes traits n'ont rien d'affreux : dans le cristal des flots

Je me vis l'autre jour.... Tissot.

\usus idrm; tantum séries juncturaque pollet! Tantum de medio sumptis accedit honoris '/

Oh! qu'il y a de grandeur à se rabaisser ainsi, pour se proportionner à tout ce qu'on peint, et pour atteindre à tous les divers caractères! Comliien un homme est-il au-dessus de ce qu'on nomme esprit, quand il ne craint point d'en cacher une partie! Afin qu'un ouvrage soit véritablement lieau, il fautque l'auteur s'y oublie, et me permette de l'oublier; il faut qu'il me laisse seul en pleine liberté. Par exemple, il faut que Virgile disparoisse et que je m'imagine voir ce beau lieu :

Muscosi fontes, et somno mollior herba, etc.'.

Il faut que je désire d'être transporté dans cet autre endroit :

0 mihi tum quam molliter ossa quiescant ,

Vestra meos olitn si fistula dicat amoresl Atque utinam ex vobis unus, vestrique fuissent Aut custos gregis, aut maturx vinitor uvœ3!

Il faut que j'envie le bonheur de ceux qui sont dans cet autre lieu dépeint par Horace :

Qva pinus ingens albaque populus Umbrarn hospitalem consociare amant

lia mis , et obliquo laborat Lympha fugax trepidare rivô*.

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