‹ Œuvres choisies (volume 4)Chapitre 123 sur 183 · Serin., lib. II, satir. iv, v · texte numérisé non relu

Serin., lib. II, satir. iv, v

0 ma chère campagne! ô tranquilles demeures!

Quand pourrai-je, au sommeil donnant de douces heures.

Ou, trouvant dans l'étude un utile plaisir,

Au sein de la paresse et d'une paix profonde

Goûter l'heureux oubli des orages du monde! Daru»

à Joas son nom et sa naissance. Je l'ai vu pleurer amèrement en écoutant ces vers :

Ah! miseram Eurydicen! anima fugiente, vocabat : Eurydicen toto referebant flumine ripas'.

Vit-on jamais rien de mieux amené ni qui prépare un plus vif sentiment que ce songe d'Énée ?

Tempus erat quo prima quies mortalibus œgris

Raptatus bigis, ut quondam aterque cruento Pulvere , perque pedes trajeclm lora tumentes, Hei mihi! qualis erat! quantum mutatus ab Mo Heclore qui redit exuvias indulus Achillis, etc. Ille nihil : nec me quserentem rana moratur, etc.2.

Le bel esprit pourroit-il toucher ainsi le cœur? Peut-on lire cet endroit sans être ému?

0 mihi sola mei super Astyanactis imago! Sic oculos, sic ille manus, sic ora ferebat : Et nunc eequali tecum pubesceret œvo3.

Les traits du bel esprit seraient déplacés et choquants dans un discours si passionné, où il ne doit rester de parole qu'à la douleur.

t. Virg., Georg. IV, v. 527.

Sa voix expirante,

Jusqu'au dernier soupir formant un foible son, D'Eurydice en flottant murmuroit le doux nom ; Eurydice, ô douleur! Touchés de son supplice, Les échos répétoient Eurydice, Eurydice ! Delille.

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