‹ Œuvres choisies (volume 4)Chapitre 127 sur 183 · Virg., Mneid., II, v · texte numérisé non relu

Virg., Mneid., II, v

. . Meurs! Il dit; et, d'un bras sanguinaire, Du monarque entraîné par ses cheveux blanchis, Et nageant dans le sang du dernier de ses fils. Il pousse vers l'autel la vieillesse tremblante ; De l'autre, saisissant l'épee étincelante, Lève le fer mortel, l'enfonce et de son flanc Arrache avec la vie un vain reste de sang. Ainsi finit Priam ; ainsi la destinée Marqua par cent malheurs sa mort infortunée. Il périt en voyant de ses derniers regards Brûler son Ilion, et crouler ses remparts. Et ce grand potentat, dont les mains souveraines De tant de nations avoient tenu les rênes, Que l'Asie à genoux entouroit autrefois De l'amour des sujets et du respect des rois. De lui-même aujourd'hui reste méconnoissable, Hélas 1 et dans la foule étendu sur le sable , N'est plus, dans cet amas des lambeaux d Ilion, Qu'un cadavre sans tombe, et qu'un débris sans nom. Delills.

Page 1