‹ Œuvres choisies (volume 4)Chapitre 131 sur 183 · De arl. poet., v · texte numérisé non relu

De arl. poet., v

Implacable, bravant l'autorité des lois,

Et sur le glaive seul appuyant tous ses droits. daru.

Débita sparges lacryma farillam Vatis amici '.

"Fait-il un portrait d'Ulysse, il le peint supérieur aux tempêtes de la irer, au naufrage môme, et à la plus cruelle fortune:

Aspera multa

Pertulit, adversis rerum immersabilis undis1.

Peint-il Rome invincible jusque dans ses malheurs, écoutez-le:

Duris ut ilex tonsa bipennibus Mgrx feraci frondis in Âlgido, Per damna, per cvdes, ab ipso Ducit opes animumque ferro.

Non hydra secto corporc firmior , etc. 3

Catulle, qu'on ne peut nommer sans avoir horreur de ses obscénités, est au comble de la perfection pour une simplicité passionnée:

Odi et amo. Quare id faciam fortasse requiris. Nescio ; sed fteri sentio, etexcrucior4.

Combien Ovide et Martial, avec leurs traits ingénieux et façonnés, sont-ils au-dessous de ces paroles négligées, où le cœur saisi parle seul dans une espèce de désespoir!

Que peut-on voir de plus simple et de plus touchant, dans un poëme, que le roi Priam réduit dans sa vieillesse à baiser les mains meurtrières d'Achille, qui ont arraché la vie à ses enfants4? Il lui demande, pour unique adoucissement de ses maux, le corps du grand Hector. Il aurait gâté tout s'il eût donné le moindre ornement à ses paroles; aussi n'expriment-elles que sa douleur. Il le conjure par son père, accablé de vieillesse, d'avoir pitié du plus infortuné de tous les pères.

Le bel esprit a le malheur d'aflbiblir les grandes passions où il pré-

t. H„r. Od., lib. II, od. vi, v. 13-14 et 22-24.

Rien n'égale à mes yeux ce petit coin du monde — Vos pleurs y mouilleront la cendre tiide encore

Du poète que vous aimez. D & Wailly

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