SIMONIDE
Un athlète vainqueur, pour chanter sa victoire,
Offrit à Simonide un prix.
Simonide s'enferme, et l'éloge promis Lui semLle un vil sujet. Pour rehausser sa gloire,
Il l'enrichit d'ornements étrangers, Peint les brillants Gémeaux de la voûte céleste;
Par leurs travaux, leurs combats, leurs danger»,
Il tâche d'ennoblir le reste.
L'ouvrage plut : mais, malgré ses beautés, Les deux tiers de son prix retranchés par l'athlète
a Oui me patra? s'écrioit le poète.
— Les dieux, répondit-il, que ta muse a chantés Si tu n'es point fâché, viens souper, je te prie,
Avec tous mes parents ce soir :
Comme un d'entre eux je te convie. •> Pour cacher sa douleur, il va se faire voir
Chez l'athlète à l'heure marquée.
Tout est riant, tout brille en ces riches lambris;
Ils résonnent de mille cris.
Des mets les plus exquis ia table est couronnée. Mais tout à coup voilà qu'aux esclaves servants, D'un air plus que mortel, deux jeunes combattants. Tout focdants en sueur, tout couverts de poussière.
Font entendre une voix sévère.
« Que Simonide vienne, et qu'il ne tarde pas ! » A peine est-il sorti, que les murs qui s'affaissent Ecrasent en tombant la troupe et le repas; Et les deux fils de Lède aussitôt disparaissent.
La renommée en tous lieux,
Par cette histoire, publie
poésies. 389
Que Simonide tient la vie, Comme en récompense des dieux