‹ Œuvres choisies (volume 4)Chapitre 182 sur 183 · SIMONIDE · texte numérisé non relu

SIMONIDE

Un athlète vainqueur, pour chanter sa victoire,

Offrit à Simonide un prix.

Simonide s'enferme, et l'éloge promis Lui semLle un vil sujet. Pour rehausser sa gloire,

Il l'enrichit d'ornements étrangers, Peint les brillants Gémeaux de la voûte céleste;

Par leurs travaux, leurs combats, leurs danger»,

Il tâche d'ennoblir le reste.

L'ouvrage plut : mais, malgré ses beautés, Les deux tiers de son prix retranchés par l'athlète

a Oui me patra? s'écrioit le poète.

— Les dieux, répondit-il, que ta muse a chantés Si tu n'es point fâché, viens souper, je te prie,

Avec tous mes parents ce soir :

Comme un d'entre eux je te convie. •> Pour cacher sa douleur, il va se faire voir

Chez l'athlète à l'heure marquée.

Tout est riant, tout brille en ces riches lambris;

Ils résonnent de mille cris.

Des mets les plus exquis ia table est couronnée. Mais tout à coup voilà qu'aux esclaves servants, D'un air plus que mortel, deux jeunes combattants. Tout focdants en sueur, tout couverts de poussière.

Font entendre une voix sévère.

« Que Simonide vienne, et qu'il ne tarde pas ! » A peine est-il sorti, que les murs qui s'affaissent Ecrasent en tombant la troupe et le repas; Et les deux fils de Lède aussitôt disparaissent.

La renommée en tous lieux,

Par cette histoire, publie

poésies. 389

Que Simonide tient la vie, Comme en récompense des dieux

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