‹ Œuvres choisies (volume 5)Chapitre 155 sur 236 · livre xrv · texte numérisé non relu

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plus riche par l'abondance où il mettoit son peuple, et par l'amour de ses sujets pour lui, que par tous les tributs qu'il auroit pu leur imposer. Ces hommes que tu crois morts vivent, mon fils; et c'est la vie qu'on traîne misérablement sur la terre qui n'est qu'une mort : les noms seulement sont changés. Plaise aux dieux de te rendre assez bon pour mériter cette vie heureuse, que rien ne peut plus finir ni troubler! Hâte-toi, il est temps d'aller chercher ton père. Avant que de le trouver, hélas! que tu verras répandre de sang ! Mais quelle gloire t'attend dans les campagnes de PHespérie ! Souviens-toi des conseils du sage Mentor; pourvu que tu les suives, ton nom sera grand parmi tous les peuples et dans tous les siècles. »

Il dit; et aussitôt il conduisit Télémaque vers la porte d'ivoire, par où l'on peut sortir du ténébreux empire de Pluton. Télémaque, les larmes aux yeux, le quitta sans pouvoir l'embrasser; et, sortant de ces sombres lieux, il retourna en diligence vers le camp des alliés, après avoir rejoint, sur le chemin, les deux jeunes Cretois qui l'avoient accompagné jusques auprès de la caverne, et qui n'espéroient plus de le revoir.

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