‹ Œuvres choisies (volume 5)Chapitre 18 sur 236 · NOTICE SUR FÉNELON. XVII · texte numérisé non relu

NOTICE SUR FÉNELON. XVII

sa belle-sœur par son mariage avec le comte de Fénelon, quelque argenterie, objet de première nécessité dans sa position. Sa naissance lui donnait le droit de monter dans les carrosses, honneur que sa place ne comportait pas par elle-même. Il fallut, le premier jour qu'il y rnonta, donner, selon l'usage, quelques louis aux laquais, grand embarras pour le pauvre abbé. Il confiait ces misères à sa cousine avec beaucoup de simplicité, et sans aucune amertume; ses grands amis ne s'en doutaient pas. En 1693, il remplaça Pelisson à l'Académie française; cette nomination était en quelque sorte un droit de sa place. Il n'avait que quarante-deux ans, et n'avait encore publié que deux livres : le Traité de Vêducation des filles, et le Traité du ministère des pasteurs. Cependant l'opinion publique le portait d'emblée à l'Académie, et on n'apprit pas sans indignation que deux académiciens avaient voté contre lui. Louis XIV lui donna l'abbaye de Saint-Valéry l'année suivante. Enfin en 1695 il fut nommé à l'archevêché de Cambrai. C'était un archevêché très-important, mi-parti français et espagnol, qui conférait à son titulaire le titre purement honorifique de duc, et ne rapportait pas moins de cent cinquante mille livres de rente. Fénelon montra quelque scrupule de l'accepter, parce qu'il ne voulait ni renoncer à son élève, ni manquer au devoir canonique de la résidence. Le roi leva la difficulté, en lui permettant de résider neuf mois dans son diocèse pour obéir aux canons, et de diriger de là l'éducation de ses petits-fils. On a prétendu, sans aucune preuve, qu'il visait à l'archevêché de Paris, qui ne tarda pas à vaquer, et fut donné à l'évêque de Chàlons, M. de Noailles, depuis cardinal. Il n'est pas impossible que M. de BeauvilliersouMme de Béthune, ou quelque autre du troupeau y ait songé pour lui ; mais déjà à cette époque, il n'était plus en posture d'y atteindre : Mme de Maintenon s'était refroidie pour lui, et le roi, qui ne l'avait jamais goûté, commençait à la prendre positivement en défiance. Fénelon rendit sans éclat et sans affectation son abbaye de Saint-Valéry. Bossuet voulut être son consécrateur. La cérémonie se fit à Saint-Cyr. M. de N^iHes. le futur archevêque de Paris, fut l'un des assistants.

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