XXV7 NOTICE SUR FENELON
tion par voie et inspiration particulière, et le contraire induit à tenter Dieu, à illusion et à nonchalance.
XXVI. Hors le cas et les moments d'inspiration prophétique ou extraordinaire, la véritable soumission que toute âme chrétienne, même parfaite, doit à Dieu, est de se servir des lumières naturelles et surnaturelles qu'elle en reçoit et des règles de la prudence chrétienne, en présupposant toujours que Dieu dirige tout par sa providence et qu'il est auteur de tout bon conseil.
XXVII. On ne doit point attacher le don de prophétie, et encore moins l'état apostolique, à un certain état de perfection et d'oraison; et les y attacher, c'est induire à illusion, témérité et erreur.
XXVIII. Les voies extraordinaires, avec les règles qu'en ont données les spirituels approuvés, selon eux-mêmes, sont très-rares, et sont sujettes à l'examen des évêques, supérieurs ecclésiastiques et docteurs qui doivent en juger, non tant selon les expériences que selon les règles immuables de l'Écriture et de la tradition: enseigner et pratiquer le contraire est secouer le joug de l'obéissance qu'on doit à l'Église.
XXIX. S'il y a ou s'il y a eu en quelque endroit de la terre un trèspetit nombre d'àmes d'élite que Dieu, par des préventions extraordinaires et particulières qui lui sont connues, meuve à chaque instant, de telle manière, à tous actes essentiels au christianisme et autres bonnes œuvres, qu'il ne soit pas nécessaire de leur rien prescrire pour s'y exciter, nous le laissons au jugement de Dieu; et sans avouer de pareils états, nous disons seulement dans la pratique qu'il n'y a rien de si dangereux ni de si sujet à illusion que de conduire les âmes comme si elles y étaient arrivées, et qu'en tout cas ce n'est point dans ces préventions que consiste la perfection du christianisme.
XXX. Dans tous les articles susdits, en ce qui regarde la concupiscence, les imperfections et principalement le péché, pour l'honneur de Notre-Seigneur, nous n'entendons pas comprendre la très-sainte Vierge sa mère.
XXXI. Pour les âmes que Dieu tient dans les épreuves, Job, qui en est le modèle, leur apprend à profiter du rayon qui revient par intervalles pour produire les actes les plus excellents de foi, d'espérance et d'amour. Les spirituels leur enseignent à les trouver dans la cime et plus haute partie de l'esprit. Il ne faut donc pas leur permettre d'acquiescer à leur désespoir et damnation apparente, mais avec saint François de Sales les assurer que Dieu ne les abandonnera pas.
XXXII. Il faut bien en tout état, principalement en ceux-ci, adorei la justice vengeresse de Dieu, mais non souhaiter jamais qu'elle s'exerce sur nous en toute rigueur, puisque même l'un des effets de cette rigueur est de nous priver de l'amour. L'abandon du chrétien est de rejeter en Dieu toute son inquiétude, mettre en sa bonté l'espérance de son salut et, comme l'enseigne saint Augustin après saint Cyprien, lui donner tout : in totum detur Deo.
XXXIII. — On peut aussi inspirer aux âmes pieuses et vraiment hum blés une soumission et consentement à la voloité de Dieu, auand même