‹ Œuvres choisies (volume 5)Chapitre 25 sur 236 · NOTICE SUR FENELON. XXV · texte numérisé non relu

NOTICE SUR FENELON. XXV

XVI. Les réflexions sur soi-même, sur ses actes et sur les dons qu'on a reçus, qu'on voit partout pratiquées par les prophètes et par les apôtres, pour rendre grâces à Dieu de ses bienfaits et pour autres fins semblables, sont proposées pour exemple à tous les fidèles, même aux plus parfaits, et la doctrine qui les en éloigne est erronée et approche de l'hérésie.

XVII. Il n'y a de réflexions mauvaises et dangereuses que celles où l'on fait des retours sur ses actions et sur les dons qu'on a reçus , pour repaître son amour-propre, se chercher un appui humain, ou s'occuper trop de soi-même.

XVIII. Les mortifications conviennent à tout état du christianisme et y sont souvent nécessaires, et en éloigner les fidèles sous prétexte de perfection, c'est condamner ouvertement saint Paul et présupposer une doctrine erronée et hérétique.

XIX. L'oraison perpétuelle ne consiste pas dans un acte perpétuel et unique qu'on suppose sans interruption et qui aussi ne doive jamais se réitérer, mais dans une disposition et préparation habituelle et perpétuelle à ne rien faire qui déplaise à Dieu, et à faire tout pour lui plaire. La proposition contraire, qui exclurait en quelque état que ce fût, même parfait, toute pluralité et succession d'actes, serait erronée et opposée à la tradition de tous les saints.

XX. Il n'y a point de traditions apostoliques que celles qui sont reconnues par toute l'Eglise et dont l'autorité est décidée par le concile de Trente. La proposition contraire est erronée, et les prétendues traditions apostoliques secrètes seraient un piège pour les fidèles, et un moyen pour introduire toutes sortes de mauvaises doctrines.

XXI. L'oraison de simple présence de Dieu, ou de remise et de quiétude, et les autres oraisons extraordinaires, même passives, approuvées par saint François de Sales et les autres spirituels reçus dans toute l'Eglise, ne peuvent être rejetées ni tenues pour suspectes sans une insigne témérité; et elles n'empêchent pas qu'on ne demeure toujours disposé à produire en temps convenable tous les actes ci-dessus marqués; les réduire en actes implicites ou éminents à l'égard des plus parfaits, sous prétexte que l'amour de Dieu les renferme tous d'une certaine manière, c'est en éluder l'obligation et en détruire la distinction qui est révélée de Dieu.

XXII. Sans ces oraisons extraordinaires, on peut devenir un trèsgrand saint et atteindre à la perfection du christianisme.

XXIII. Réduire l'état intérieur et la purification de l'âme à ces oraisons extraordinaires, c'est une erreur manifeste.

XXIV. C'en est une également dangereuse, d'exclure de l'état de contemplation les attributs, les trois personnes divines et les mystères du Fils de Dieu incarné, surtout celui de la croix et celui de la résurrection; et toutes les choses qui ne sont vues que par la foi sont l'objet du chrétien contemplatif.

XXV. Il n'est pas permis à un chrétien, sous prétexte d'oraison passive ou autre extraordinaire, d'attendre dans la conduite de la vie, tant au spirituel qu'au temporel, que Dieu le détermine à chaque ao-

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