‹ Œuvres choisies (volume 5)Chapitre 37 sur 236 · XXXVTH NOTICE SUR FÉNELON · texte numérisé non relu

XXXVTH NOTICE SUR FÉNELON

lie, pourvu que le ministère de la parole que nous avons reçu du Seigneur pour votre sanctification n'en soit pas affaibli, et que nonobstant Thumiliation du pasteur, le troupeau croisse en grâce devant Dieu.

a. C'est donc de tout notre cœur que nous vous exhortons à une soumission sincère et à une docilité sans réserve, de peur qu'on n'altère insensiblement la simplicité de l'obéissance due au saint-siége, dont nous voulons, moyennant la grâce de Dieu, vous donner l'exemple jusqu'au dernier soupir de notre vie.

a A Dieu ne plaise qu'il soit jamais parlé de nous, si ce n'est poui se souvenir qu'un pasteur a cru devoir être plus docile que la dernière brebis du troupeau, et qu'il n'amisaucune borne à sa soumission.

« Je souhaite, mes très-chers frères, que la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communication du Saint-Esprit demeurent avec vous tous. Amen. »

Ce mandement fut reçu dans toute l'Église avec une satisfaction sans mélange. Le pape surtout fut ravi d'une soumission si entière; il paraît certain que la peur de mécontenter Louis XIV l'empêcha seule d'en donner des marques publiques et d'élever Fénelon au cardinalat. L'évêque de Chartres et l'archevêque de Paris firent quelques tentatives de rapprochement; mais les blessures de part et d'autres avaient été trop profondes. Bossuet fut le seul qui n'applaudit point au mandement. Il écrit à son neveu (19 avril 1699) : « Malgré tous les défauts du mandement de M. de Cambrai, je crois que Rome doit s'en contenter, parce qu'après tout l'essentiel y est rie à rie, et que l'obéissance y est pompeusement étalée. » On peut dire que, dans toute l'Europe, il fut le seul de son sentiment. L'Église eut raison de condamner les Maximes des saints; et pourtant Fénelon sembla grandi par cette lutte. Il fut pour le moins l'égal de Bossuet dans la polémique; il fut plus mo 1ère dans la défense que Bossuet dans l'attaque; il fut admirable dans la soumission.

Il est constant que Fénelon fit présent à sa cathédrale d'un ostensoir qui représentait saint Michel foulant aux pieds les ouvrages condamnés par l'Église, et qu'on lisait très-distinctement sur l'un de ces ouvrages le titre des Maximes des saints. Cette action est fort admirée; elle était peut-être un peu affectée. Fénelon fut plus simple et par conséquent plus grand dans le reste de sa conduite. Le roi ayant convoqué des assemblées métropolitaines pour l'acceptation du bref, Fénelon rassembla ses suffragants comme les autres archevêques et exposa les ordres du roi; l'évêque de Saint-Omer parla contre lui sans ménagement, et demanda, outre la suppression du livre, celle des écrits composés pour le défendre. Fénelon répondit modestement qu'il n'était point naturel d'aller plus loin que le bref du pape, que les écrits dont on demandait la suppression contenaient des explications nécessaires à l'honneur de son ministère sur différents faits personnels, qu'au reste il était prêt à prononcer comme président selon la décision de la pluralité. L'évêque de Saint-Omer ne retira que de la honte de cette tentative. Après la mort de Bossuet, qui arriva le 12 avril 1704, on répandit le bruit que Fénelon avait fait faire un service solennel dans sa cathédrale. Un de

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