‹ Œuvres choisies (volume 5)Chapitre 52 sur 236 · LIV NOTICE SUR FENELON · texte numérisé non relu

LIV NOTICE SUR FENELON

aimable. Il est pourtant vrai, à la confusion de la nature humaine, que jamais homme n'a eu plus d'ennemis. Un de ses adversaires a été jusqu'à dire de lui qu'il était le plus grand ennemi que l'Église eût jamais eu. Voilà comment nos passions nous aveuglent. Pendant que Louis XIV exilait Fénelon, écrivait au pape contre lui, défendait à ses courtisans d'aller le voir et même de lui écrire, l'Europe, en armes contre nous, était toute pleine de sa gloire et de ses vertus; nos ennemis arrêtaient leurs soldats devant ses moissons; le pape, qui le condamnait, l'admirait; tout le monde voyait en lui l'honneur de l'épiscopat, la fidélité d'un sujet, la constance d'un citoyen, la charité, la fermeté d'un apôtre, un des grands maîtres de la vie spirituelle, après saint François de Sales, et, même à côté de Bossuet, un écrivain de génie. Fénelon n'avait d'ennemis qu'à la cour. La postérité commençait pour lui à deux nas de nos frontières.

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