‹ Œuvres choisiesChapitre 104 sur 111 · FABLE XXVIII · texte numérisé non relu

FABLE XXVIII

Le Lièvre qui fait le brave.

Un lièvre, honteux d'être poltron, chercboit quelque occasion de s'aguerrir. Il alloit quelquefois, par un trou d'une haie , dans les choux du jardin d'un paysan , pour s'accoutumer au bruit du village. Souvent même il passoit assez près de quelques mâtins , qui se contentoient d'aboyer après lui. Au retour de ces grandes expéditions , il se croyoit plus redoutable qu'Alcide après tous ses travaux. On dit même qu'il ne rentroit dans son gîte qu'avec des feuilles de laurier et faisbit l'ovation. Il vantoit ses prouesses à ses compères les lièvres voisins. Il représentoit les dangers qu'il avoit courus, les alarmes qu'il avoit données aux ennemis , les ruses de guerre qu'il avoit faites en expérimenté capitaine, et surtout son intrépidité héroïque. Chaque matin il remercioit IVtars et Belloiie dé lui avoir donné des talents et un courage pour dompter toutes les nations à loAgues oreilles. Jean lapin, discourant un jour avec lui, lui dit

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