‹ Œuvres choisiesChapitre 16 sur 111 · J>ES MO^TS · texte numérisé non relu

J>ES MO^TS

j'ai pns pour te rendre bon, et combien tu as mal répondu à toutes mes peines.

ALCIBIADE

Tu n'as rien à dire contre ma première jeunesse. Souvent, en écoutant tes instructions , je m'attend rissois jusqu'à en pleurer. Si quelquefois je t'échappois étant entraîné par les compagnies, tu courois après moi comme un maître après son esclave fugitif. Jamais je n'ai osé te résister. Je n'écoutois que toi ; je ne craignois que de té déplaire.

Il est vrai que je fis une gageure un jour de donner un soufflet à Hipponicus. Je le lui donnai; ensuite j'allai lui demander pardon, et me dépouiller devant lui, afin qu'il me punit avec des verges; niais il me pardonna, voyant que, je ne l'avois offensé que par. la légèreté de mon naturel enjoué et folâtre.

toORAT£.

Alors tu n'avois commis que la faute d'un jeune fou ; mais dans la suite tu as fait les crimes d'un scélérat qui ne compte- pour rien les dieux , qui se joue de la vertu ejt de la bonne foi , qui met sa patrie en cendres pour contenter son ambition , qui porte dans toutes les nations étrangères des mœurs dissolues. Va, tu me fais horreur et pitié. Tu étois fait pour être bon , et tu as voulu être méchant ; je ne puis m'en consoler. Séparons-nous.

Les trois juges décideront de ton sort; mais il ne peut plus y avoir ici-bas d'union «htre nous deux. '

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