L:éoi^4HD
Ce tableau, sur ce que vous m'en dites ^ me paroît moins savant qite celui de Phocion.
POUSSIN
Il y a moins de science d'architecture, il est vrai; ^'ailleurs on n^y voit aucune connoissance de l'antiquité. Mais en revanche la science d'exprimer les passions y est assez grande ; de plus ^ tout ce paysage a dés grâces et une tendresse que l'autre n'égale point.
téONARD.
Vous seriez donc, à tout prendre, pour ce dernier tableau ?
POUSSIN
Sans hésiter, je le préfère ; mais vous , qu'en pensez - vous sur ma relation ?
LEONARD. -
Je ne coniiois pas assez le tableau de Phocion
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pour le comparer. Je vois que vous avez assez étudié les hons modèles du siècle passé et mes livres ; mais vous louez trop vos ouvrages.
poùssm. /
C'est vous qui m'avez contraint d'en parler; mais sachez que ce n'est ni dans vos liyres ni dans les taUeaux du siècle passé que je me suis instruit; c'est dans les bas- reliefs antiques , où vous avez étudié aussi-bien que moi. Si je pouvois un jour retourner parmi, les vivants , je peindrois bien la jalousie , car vous m'en donnez ici. d'excellents modèles. Pour moi, je ne prétends vous rien ôter de votre science ni de votre gloire ; mais j^ vous céderoîs avec plus de plaisir, si vous étiez moins entêté de votre . rang. Allons trouver Parrhasius : vous lui ferez votre critique, il décidera, s'il yous plaît; car je nç vous cède à vous autres messieurs les modernes qu'à condition que vous céderez aux anciens. Après que Parrhasius aura prononcé, je serai prêt à retourner sur la terre pour corriger mon tableau.
BCS MORTS. ^97
LÉGER ET ÉBROIN.
. La vie solitaire et snnple n'a point 4e charmes pour ud ambitieux.
iBROIN.
Ma consolation dans mes malheuts est de vous trouver, dans cette solitude.
Et moi, je suis fâché de vous y vpir ; car on y est i^ans fruit, quand on y est malgré soi. '
EBROIK.
Pourquoi désespérez-vous donc de ma conversion? Peut-être que vos conseils et vos exemples me rendront meilleur que vous ne pensez.. Tous qui êtes si charitable, vous devriez bien dans ce loisir prendre un peu soin de moi. .
Ii£G£R.
On ne m'a mis ici qu'afin que je ne me mêle de rien r je suis assez chassé d'avoir k me corriger moi-même.
EBROIN.
Quoi! en entrant dans la solitude oa i:enonce à la charité ?