I. L'Enfer ou plutôt les Enfers mythologiques
a. Le lac Averne, en Italie, près de Naples, était regardé comme l'entrée de^, Enfers.
Démesuré, plus grand d'abord que Polyphème K
Puis plus grand que Typhon ^ qui hurle et qui blasphème.
Et qui heurte ses poings ainsi que des marteaux,
Puis plus grand que Titan, puis plus grand que l' Athos ^ ;
L'espace immense entra dans cette forme noire ;
Et, comme le marin voit croître un promontoire.
Les dieux dressés voyaient grandir l'être effrayant ;
Sur son front blêmissait un étrange orient ;
Sa chevelure était une forêt; des ondes.
Fleuves, lacs, ruisselaient de ses hanches profondes ;
Ses deux cornes semblaient le Caucase et l'Atlas ;
Les foudres l'entouraient avec de sourds éclats ;
Sur ses flancs palpitaient des prés et des campagnes,
Et ses difformités s'étaient faites montagnes ;
Les animaux, qu'avaient attirés ses accords,
Daims et tigres, montaient tout le long de son corps ;
Des avrils tout en fleur verdoyaient sur ses membres ;
Le pli de son aisselle abritait des décembres ;
Et des peuples errants demandaient leur chemin,
Perdus au carrefour des cinq doigts de sa main.
Des aigles tournoyaient dans sa bouche béante ;
La lyre, devenue en le touchant géante.
Chantait, pleurait, grondait, tonnait, jetait des cris;
Les ouragans étaient dans les sept cordes pris
Comme des moucherons dans de lugubres toiles ;
Sa poitrine terrible était pleine d'étoiles.
Il cria :
« L'avenir, tel que les cieux le font. C'est l'élargissement dans l'infini sans fond. C'est l'esprit pénétrant de toutes parts la chose ! On mutile l'effet en limitant la cause ; Monde, tout le mal vient de la forme des dieux. On fait du ténébreux avec le radieux ; Pourquoi mettre au-dessus de l'Etre des fantômes? Les clartés, les cthers ne sont pas des royaumes. Place au fourmillement éternel des cieux noirs, Des cieux bleus, des midis, des aurores, des soirs !' ' Place à l'atome saint, qui brûle ou qui ruisselle ! Place au rayonnement de l'âme universelle !