‹ Œuvres choisies illustratees par Leopold LacourChapitre 247 sur 292 · AVE, DEA ; MORITURUS TE SALUTAT · texte numérisé non relu

AVE, DEA ; MORITURUS TE SALUTAT

Ce sonnet n'est pas daté, ou, ce qui revient au même, il est daté seulement d'un jour et d'un mois : 12 juillet.

A Judith Gautier'^

LA MORT ET LA BEAUTÉ sont deux choses profondes Qui contiennent tant d'ombre et d'azur, qu'on dirait Deux sœurs également terribles et fécondes Ayant la même énigme et le même secret.

O femmes, voix, regards, cheveux noirs, tresses blondes, Brillez, je meurs ! Ayez l'éclat, l'amour, Fattrait, O perles que la mer mêle à ses grandes ondes, O lumineux oiseaux de la sombre forêt !

Judith, nos deux destins sont plus près l'un de l'autre Qu'on ne croirait, à voir mon visage et le vôtre : Tout le divin abîme apparaît dans vos yeux,

lit moi, je sens le gouffre étoile dans mon âme ; Nous sommes tous les deux voisins du ciel, madame, Puisque vous êtes belle et puisque je suis vieux.

Page 1