Ibidem
qui existe en langue française»; et, encore, deux romans : les Travailleurs delà mer (1866) et l Homme qui rit (1869). — Rentré en France le 5 septembre 1870, Victor Hugo reste à Paris pendant le siège. Il publie, en 1872, un recueil de vers inférieur aux Châliments, mais qui les rappelle. l'Année terrible, puis un dernier
rom^n, Qiiatrevingt-treize ■ 1
(1873); les premiers volumes d'Actes et Paroles (1875) ; la deuxième série de la Légende des siècles (1877), que suivra la dernière en 1883 ; l'Histoire d'un crime (1877 aussi), — ce crime est le coup d'Etat de 1851; — et divers poèmes ou recueils de vers :
l'Art d'être grand-père (1877 encore), le Pape (1878), la Pitié suprême (1879), /'.4w^ (1880), Religions et Religion (1880 aussi), les Quatre vents de l'esprit (1881) et le drame de Torquemada (1882).
Député de la Seine à l'Assemblée nationale de 1871-1875, laquelle siégea d'abord à Bordeaux, il y avait donné sa démission dès mars 1871, pour protester contre les insultes adressées par la droite, monarchiste et cléricale, àGaribaldi, qu'avaient élu quatre départements. Il fut nommé sénateur en 1876; mais il ne pouvait plus aspirer à être effectivement un des chefs du parti républicain : il en était la gloire, et en fut, dans certaines solennités, la grande voix choisie. On peut dire que, depuis une dizaine d'années, il assistait vivant à son apothéose, lorsqu'il mourut, après une agonie de huit jours, le 22 mai 1885, à Paris, dans son hôtel de l'avenue d'Eylau (aujourd'hui avenue Victor-Hugo). Jamais «surhomme », comme on dit à présent, n'eut d'aussi grandioses funérailles. Son corps, gardé par douze poètes, demeura toute la nuit du 31 mai au i^^' juin sous l'Arc de triomphe. Et,
Victor Hugo en 1860.
comme si la mort même n'avait pu arrêter ni seulement ralentir l'activité créatrice d'un génie miraculeux à tous égards, ce fut, jusqu'à la fin du siècle, et au delà, une
prodigieuse publication d'œuvres inédites : le Théâtre en liberté (1886) , la Fin ie Satan, poème {1886 également), Choses vues, première série (1887), Toute la lyre, énorme recueil de vers (iSSS), Alpes et Pyrénées, voyages (1890), Diei4, poème (1891), France et Belgique, autres voyages (1892), les Années funestes, poésies (1898).
Choses vues, deuxième série (1899), Lettres à la Fiancée (1900), Postcriptum de ma vie, ouvrage en prose (1901), \di Dernière gerbe (1902).
Et nous n'avons mentionné ni la Correspondance, ni les derniers volumes à.' Actes et Paroles, — ni les très nombreux et précieux « inédits » qu'a publiés et que publiera dans l'édition^ de l'Imprimerie nationale M. Gustave Simon, exécuteur testamentaire de Victor Hugo depuis la mort de Paul Meuricc (1905).
Pholc Pierre Petit.
Victor Hugo en 1861
I. Cette édition, que fait paraître la librairie OUendorff, aura quarante et un volumes, Paul Meurire en avait donné quatre, enrichis de fragments, variantes, plans, ébauches, etc. : Notre-Dame de Paris, les Contemplations, un recueil de pièces de théâtre {Marie Tudor, Angelo, Rity Blas, les Burg'aves), et le Rhin. M. Gustave Simon, continuant, avec une activité et un soin dignes de la reconnaissance des Lettres françaises, la tâche commencée, a déjà publié, lui, dix-huit volumes, encore plus riches de variantes, fragments, ébauches, etc., que les précédents, et renfermant, tous, des notices, des notes, du plus vif intérêt documentaire et littéraire