‹ OEuvres choisies illustréesChapitre 11 sur 293 · ODES · texte numérisé non relu

ODES

a Sauvons-le... C'est peut-être un enfant d'Israël. Mon père les proscrit ; mon père est bien cruel

De proscrire ainsi l'innocence !

Faible enfant ! ses malheurs ont ému mon amour. Je veux être sa mère ; il me devra le jour,

S'il ne me doit pas la naissance. »

Ainsi parlait Iphis, l'espoir d'un roi puissant, Alors qu'aux bords du Nil son cortège innocent

Suivait sa course vagabonde ; Et ces jeunes beautés, qu'elle effaçait encor, Quand la fille des rois quittait ses voiles ^'2^ilÈ^<

Croyaient voir la fille de l'onde. f*^**^ j

Sous ses pieds délicats déjà le flot frémit. Tremblante, la pitié vers l'enfant qui gémit

La guide en sa marche craintive ; Elle a saisi l'esquif ! Fière de ce doux poids, L'orgueil sur son beau front, pour la première fois.

Se mêle à la pudeur naïve.

Bientôt, divisant l'onde et brisant les roseaux. Elle apporte à pas lents l'enfant sauvé des eaux

Sur le bord de l'arène humide ; Et ses sœurs tour à tour, au front du nouveau-né, Offrant leur doux sourire à son œil étonné,

Déposaient un baiser timide.

Accours, toi qui de loin, dans un doute cruel, Suivais des yeux ton fils sur qui veillait le ciel ;

Viens ici comme une étrangère ; Ne crains rien ; en pressant Moïse entre tes bras, Tes pleurs et tes transports ne te trahiront pas,

Car Iphis n'est pas encor mère.

Alors, tandis qu'heureuse et d'un pas triomphant La vierge au roi farouche amenait l'humble enfant.

Baigné des larmes maternelles.

On entendait en chœur, dans les cieux étoiles, Des anges, devant Dieu de leurs ailes voilés.

Chanter les lyres éternelles :

« Ne gémis plus, Jacob, sur la terre d'exil ; Ne mêle plus tes pleurs aux flots imj)urs du Nil,

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Le Jourdain va t'ouvrir ses Le jour enfin approche où vers les champs promis Gessen * verra s'enfuir, malgré leurs ennemis,

Les tribus si longtemps captives.

« Sous les traits d'un enfant délaissé sur les flots, ^ C'est l'élu du Sina -, c'est le roi des fléaux, Qu'une vierge sauve de l'onde.

Aljjutels, vous dont l'orgueil méconnaît l'Étemel, ^j^<A*^léchissez ; un berceau va sauver Israël,

Un berceau doit sauver le monde ! »

Ces Nouvelles Odes furent, elles aussi, dispersées, en 1828, dans l'édition définitive des Odes et Ballades. Elles étaient au nombre de vingt-huit.

L'auteur s'y montrait toujours royaliste et catholique, mais il n'accordait cette fois à l'expression de ses opinions religioso-politiques qu'une place modeste. La principale appartenait à l'antiquité grecque et romaine, au moyen âge, — et au poète lui-même, racontant son enfance, ou chantant son bonheur de jeune époux.

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