ENCORE A TOI
PORTRAIT D'ADELE HUGO
Musée Victor-Hugo.
PAR LOLIS BOULANGES
VICTOR HUtjO — POESIE.
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Il faut bien distinguer entre les Odes et Ballades de 1826 et l'édition défi nitive de 1828. Les Odes et Ballades de 1826 étaient un recueil en un volume comme ceux de 1822 et de 1824 ; il se composait de treize odes et de six ballades. L'édition de 1828 — en deux tomes — comprenait : i" toutes les pièces des trois recueils précédents, rangées dans un ordre nouveau et d'ailleurs très rationnel ; 2° dix pièces nouvelles, sans compter \'Ode à la Colonne de la place Vendôme, publiée pour la première fois en 1827.
X L'édition de 1826, avec des poésies comme un Chant de fête de Néron, \e Voyage, Promenade, avec une ballade comme la Fiancée du timbalier, témoignait d'un notable progrès du poète, devenu romantique, ou qu' le devenait ; et c'est bien un poète nouveau qu'achevait d'annoncer l'édition définitive, — postérieure, ne l'oublions pas, à la Préface de Cromwell (1827). — Inspirées, poiu: le fond, par le goût, encore superficiel, il est vrai, et extérieur, des choses du moyen âge, les Ballades l'étaient, pour la forme, par la recherche ciurieuse des rythmes de la Pléiade. C'est le Pas d'armes du roi Jean, avec ses vers de trois syllabes :
Ça, qu'on selle, Ecuyer, Mon fidèle Destrier.
Mon cœur ploie Sous la joie, Quand je broie L'étrier. . .
C'est la Chasse du Bur grave, rimée en écho :
Daigne protéger notre chasse,
Châsse De monseigneur saint Godefroi,
Roi!...
D'autre part, VOde à la Colonne de la place Vendôme prouve que Victor Hugo, à vingt-cinq ans, n'était plus royaliste que par une sorte de fidélité volontaire aux enthousiasmes de sa première jeunesse, et par un juste sentiment de reconnaissance envers ces Bourbons qui avaient si favorablement accueilli ses premiers essais.