‹ OEuvres choisies illustréesChapitre 166 sur 293 · PARIS BLOQUÉ · texte numérisé non relu

PARIS BLOQUÉ

O VILLE ! tu feras agenouiller l'histoire.

Saigner est ta beauté, mourir est ta victoire.

Mais non, tu ne meurs pas. Ton sang coule, mais ceux

Qui voyaient César rire en tes bras paresseux

L'ANNEE TFAUUBLE — 285

S'étonnent ; tu fmnchis la flamme expiatoire ;

Dans l'admiration des peuples, dans la gloire,

Tu retrouves, Paris, bien plus que tu ne perds.

Ceux qui t'assiègent, ville en deuil, tu les conquiers.

La prospérité basse et fausse est la mort lente ;

Tu tombais folle et gaie, et tu grandis sanglante.

Tu sors, toi qu'endormit l'empire empoisonneur.

Du rapetissement de ce hideux bonheur.

Tu t'éveilles déesse, et chasses le satyre.

Tu redeviens guerrière en devenant martyre ;

Et dans l'honneur, le beau, le vrai, les grandes mœurs.

Tu renais d'un côté quand de l'autre tu meurs.

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