‹ OEuvres choisies illustréesChapitre 207 sur 293 · L'ANE · texte numérisé non relu

L'ANE

Victor Hugo, dans ce nouveau poème philosophique, veut conthiuer, suivant son expression, à faire son « devoir de flambeau ■>. Mais, chose curieuse ! c'est contre la Science, cette fois, qu'il entend le faire. Le héros du livre, l'âne Patience, âne très savant, ayant tout lu, disant de lui-même ;

Je suis allé cent fois et cent fois revenu

De la science exacte, entrepôt sombre où l'homme

Compte le monde ainsi qu'un avare une somme,

A la philosophie, église dont Platon

Est le clocher...

arrive, en effet, à condanmer toute philosophie et toute science. Terminant ses énormes discours au philosophe Kant — qui mériterait ici, plus que l'Ane, le nom de Patience, — il dit :

Je m'évade à jamais de la science ingrate.

Il est temps que, rentrant dans le vrai, je me gratte

L'échiné aux bons cailloux du vieux globe éternel...

Il est vrai que le poète conclut à son tour, en montrant à Kant le but radieux de l'erreur même :

Les pas mystérieux qu'on fait dans les ténèbres ) Sont les frères des pas qu'on fera dans le jour.

Mais, en réalité, rien de plus vague que cette conclusion. — Voici l'espèce de préface du poème :

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