‹ OEuvres choisies illustréesChapitre 209 sur 293 · LORSQUE J'ÉTAIS ENCORE UN TOUT JEUNE HOMME PALE · texte numérisé non relu

LORSQUE J'ÉTAIS ENCORE UN TOUT JEUNE HOMME PALE

LORSQUE j'étais encore un tout jeune homme pâle, Et que j'allais entrer dans la lice fatale. Sombre arène où plus d'un avant moi se perdit. L'âpre Muse aux regards mystérieux m'a dit : — Tu pars ; mais, quand le Cid se mettait en campagne Pour son Dieu, pour son droit et pour sa chère Espagne, Il était bien arm.é ; ce vaillant Cid avait Deux casques, deux estocs, sa lance de chevet,

Deux boucliers ; il faut des armes de rechange ; Puis il tirait l'épée et devenait archange. As-tu ta dague au flanc? Voyons, soldat martyr, Quelle armure vas-tu choisir et revêtir? Quels glaives va-t-on voir luire à ton bras robuste?

— J'ai la haine du mal et j'ai Tambour du juste, ;\Iuse ; et je suis armé mieux que le paladin.

— Et tes deux bouchers? — J'ai mépris et dédain.

17 juin 1356.

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