‹ OEuvres choisies illustréesChapitre 210 sur 293 · CENT MILLE HOMMES CRIBLES D'OBUS ET DE MITRAILLE · texte numérisé non relu

CENT MILLE HOMMES CRIBLES D'OBUS ET DE MITRAILLE

CENT MILLE HOMMES criblés d'obus et de mitraille.

Cent mille hommes, couchés sur un champ de bataille,

Tombés pour leur pays par leur mort agrandi.

Comme on tombe à Fleurus K comme on tombe à Lodi -

Cent mille ardents soldats, héros et non victimes,

;\lorts dans un tourbillon d'événements subhmes,

D'où. prend son vol la fière et blanche Liberté,

Sont un malheur moins grand pour la société,

Sont pour l'humanité, qui sur le vrai se fonde.

Une calamité moins haute et moins profonde,

Un coup moins lamentable et moins infortuné

Qu'un innocent, — un seul innocent, condamné, —

Dont le sang, ruisselant sous un infâme glaive.

Fume entre les pavés de la place de Grève,

Qu'un juste assassiné dans la forêt des lois,

Et dont l'âme a le droit d'aller dire à Dieu : Vois!

24 mars 1870.

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