‹ OEuvres choisies illustréesChapitre 229 sur 293 · DIEU FAIT LES QUESTIONS · texte numérisé non relu

DIEU FAIT LES QUESTIONS

DIEU fait ies questions pour que l'enfant réponde.

« Les deux bêtes les plus gracieuses du monde.

Le chat et la souris, se haïssent. Pourquoi?

Explique-moi cela, Jeanne. » Non sans effroi

Devant l'énormité de l'ombre et du mystère,

Jeanne se mit à rire. « Eh bien? — Petit grand-père,

Je ne sais pas. Jouons. » Et Jeanne repartit :

<c Vois-tu, le chat c'est gros, la souris c'est petit.

— Eh bien? » Et Jeanne alors, en se grattant la tête.

Reprit : '< Si la souris était la grosse bête.

A moins que le bon Dieu là-haut ne se fâchât,

Ce serait la souris qui mangerait le chat, y

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ŒUVRES POSTHLMMES 1886-1902

Commencée en 1854, et annoncée — nous l'avons dit — en 1857, dans la préface de la Légende des siècles, cette Fin de Satan resta cependant inachevée. Victor Hugo ne trouva pas le temps d'en écrire le « troisième livre » : la Prison, dont ou n'a du moins que trois courts morceaux (en tout quatrevingt-quatre vers).

Le piemier li\Te : le Glaive, ample et vigoureux tableau des horreurs de la guerre, est précédé : 1° d'un prologue apocalyptique. Hors de la terre, qui nous fait assister à la chute de Satan :

Depuis quatre mille ans il tombait dans l'abîme;

2° d'une sorte de second prologue, la Première page, qui nous peint le déluge, puis nous montre la fille de Satan, Isis-Lilith déclarant à Dieu une guerre étemelle.

Dans le deuxième li\T:e, le Gibet — entendez : la Croix, — sont retracées les principales phases de la vie de Jésus. Et c'est très justement la partie de l'œuvre qu'on admire le plus.

Après chacun des trois livres reparaît le titre Hors de la terre, au-dessus de pièces apocah-ptiques faisant suite au prologue et aboutissant au pardon de Satan repenti, mieux : plein d'amour pour la nature, pour l'homme et pour Dieu. — Lilith a disparu devant l'ange Liberté, ange-femme né d'une plume tombée de l'aile de Lucifer, « près des cieux ». Cet ange devait détruire la Prison fia Bastille). Et ces paroles de Dieu à Satan, qui terminent l'ouvrage, en résument bien le sens mystico-social :

« Un ange est entre nous ; ce qu'elle a fait te compte. L'homme, enchaîné par toi, par elle est délivré. O Satan, tu peux dire à présent : Je vivrai ! Viens ; la prison détruite aboht la géhenne ! Viens ; l'anf^e Liberté, c'est ta fille et la mienne.

Cette paternité sublime nous unit.

L'archange ressuscite, et le démon finit ; Et j'efface la nuit sinistre, et rien n'en reste. Satan est mort ; renais, ô Lucifer céleste ! »

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