AVE, DEA ; MORITURUS TE SALUTAT
Ce sonnet n'est pas daté, ou, ce qui revient au même, il est daté seulement d'un jour et d'un mois : i2 juillet.
A Judith Gautier -
LA MORT ET LA BEAUTÉ sont deux choses profondes Qui contiennent tant d'ombre et d'azur, qu'on dirait Deux sœurs également terribles et fécondes Ayant la même énigme et le même secret.
O femmes, voix, regards, cheveux noirs, tresses blondes. Brillez, je meurs ! Ayez l'éclat, l'amour, l'attrait, O perles que la mer mêle à ses grandes ondes, O lumineux oiseaux de la sombre forêt !
Judith, nos deux destins sont plus près l'un de l'autre Qu'on ne croirait, à voir mon visage et le vôtre : Tout le divin abîme apparaît dans vos yeux,
Et moi, je sens le gouffre étoile dans mon âme ; Nous sommes tous les deux voisins du ciel, madame. Puisque vous êtes belle et puisque je suis vieux.