‹ OEuvres choisies illustréesChapitre 52 sur 293 · Voir la lo» bucolique de Virgile, intitulée Gallus · texte numérisé non relu

Voir la lo» bucolique de Virgile, intitulée Gallus

2. Personnage féminin dans la 8« bucolique de \'irgile, qui chante son amour pour Daphnis.

110 — LES VOIX IXTERIEURES

Vous avez le front haut, le pied vif et charmant,

Une bouche qu'entr'ouvre un bel air d'enjouement,

Et vous pourriez porter, fière entre les plus fières,

La cuirasse d'azur des antiques guerrières.

Tout essaim de beautés, gynécée ou sérail,

Madame, admirerait vos lèvres de corail.

Cellini sourirait à votre grâce pure,

Et, dans un vase grec sculptant votre figure,

Il vous ferait sortir d'un beau calice d'or,

D'un lys qui devient femme en restant lys encor.

Ou d'un de ces lotus qui lui doivent la vie,

Étranges fleurs de l'art que la nature envie !...

Venez que je vous parle, ô belle aux yeux divins ! Pour la première fois quand près de vous je \àns, Ce fut un jour doré. Ce souvenir, madame, A-t-il comme en mon cœur son rayon dans votre âme ? Vous souriez. Mettez votre main dans ma main, Venez. Le printemps rit, l'ombre est sur le chemin, L'air est tiède, et là-bas, dans les forêts prochaines, La mousse épaisse et verte abonde au pied des chênes.

Avril 1837.

l^ A ALBERT DURER *

DANS LES VIEILLES FORÊTS où la sè^ve à grands flots .-"^-^

Court du fût noir de l'^j^lne au tronc blanc des bôule.aux, '■x*-u**-tA

Bien des fois, n'est-ce pas ? à travers la clairière, .

Pâle, effaré, n'osant regarder en arrière.

Tu t'es hâté, tremblant et d'un pas convulsif,

O mon maître Albert Dure, ô vieux peintre pensif !

On devine, devant tes tableaux qu'on vénère,

Que dans les noirs taillis ton œil visionnaire d^^-f^^^^^^'^

Voyait distinctement, par l'ombre recouverts, 1 d -

Le faune aux doigts palmés, le Sylvain aux yeux verts, ^uhJj^^^*^^ ^ ^

Pan, qui revêt de fleurs l'antre où tu te recueilles, .^o\^''\y>^ ^f^-*^^"^

Et l'antique dryade aux mains pleines de feuilles. fixJ-^-^^tv^JbX-*^^^

Une forêt pour toi, c'est un monde hideux. I uf Le songe et le réel s'y mêlent tous les deux.

I. Le grand jjeintre et graveur allemand Albert Durer naquit à Nuremberg en 1471. Il mourut en 1528.

LES VOIX INTERIEUREH — 111

Là se penchent rêveurs les vieux pins, les grands ormes,

Dont les rameaux tordus font cent coudes difformes, -fZ^^^^^i^

Et dans ce groupe sombre agité par le vent, ' ^ Rien n'est tout à fait mort ni tout à fait vivant.

Le cresson boit ; l'eau court ; les frênes sur les pentes, (L/a^y ^^^^^^-^^ - "^ Sous la broussaille horrible et les ronces grimpantes, ^<^>-ut^c«iXr ' '^ ^ Contractent lentement leurs pieds noueux et noirs.

Les fleurs au cou de cygne ont les lacs pour miroirs ;

Et, sur vous qui passez et l'avez réveillée, ^^lainte chimère étrange à la gorge écaillée, i.>C'*L^^ • . ^ D'un arbre entre ses doigts serrant les larges nœuds.

Du fond d'un antre obscur fixe un œil lumineux.

O végétation ! esprit ! matière !• force !

Couverte de peau rude ou de vivante écorce !

Aux bois, ainsi que toi, je n'ai jamais erré, 19 Maître, sans qu'en mon cœur l'horreur n'ait pénétré,

Sans voir tressaillir l'herbe, et, par le vent bercées,

Pendre à tous les rameaux de confuses pensées.

Dieu seul, ce grand témoin des faits mystérieux, "KH^Dieu seul le sait, souvent en de sauvages lieux.

J'ai senti, moi qu'échauffe une secrète flamme, \l Comme moi palpiter et vivre avec une âme.

Et rire, et se parler dans l'ombre à demi-voix, — ^ "^^^Les chênes monstrueux qui remplissent les bois.

Avril 1837.

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