‹ OEuvres choisies illustréesChapitre 83 sur 293 · STELLA · texte numérisé non relu

STELLA

JE M'ÉTAIS ENDOR^SII la nuit près de la grève. Un vent frais m'éveilla, je sortis de mon rêve, J'ouvris les yeux, je vis l'étoile du matin. Elle resplendissait au fond du ciel lointain ^

Dans une blancheur molle, infinie et charmante, ^^W"t Aquilon s'enfuyait emportant la laur^nte. ^ wm 2^*^^^-"-^ • L'astre éclatant changeait la nuée en duvet. C'était une clarté qui pensait, qui vivait ; 1

Elle apaisait l'écueil où la vague déferle ; On croyait voir une âme à travers une perle. Il faisait nuit encor, l'ombre régnait en vain. Le ciel s'illuminait d'un sourire divin. / j^

La lueur argentait le haut du mât qui penche ; \Le navire était noir, mais la voile était blanche ; r**^*^^Des goélands debout sur un escarpement, ^ Attenlifs, contemplaient l'étoile gravement [ i^

Comme un oiseau céleste et fait d'une étincelle. u ï^/h

L'océan jTqui ressemble au peuple^) allait vers elle, ^^^^^

Et, rugissant tout bas, la regardait briller.

Et semblait avoir peur de la faire envoler. "X ^

Un ineffable amour empUssait l'étendue.

L'herbe verte à mes pieds frissonnait éperdue.

Les oiseaux se parlaient dans les nids ; une fleur

Qui s'éveillait me dit : C'est l'étoile ma sœur. V^

Et pendant qu'à longs plis l'ombre levait son voile, "^^"

J'entendis une voix qui venait de l'étoile

Et qui disait : — Je suis l'astre qui vient d'abord.

Je suis celle qu'on croit dans la tombe et qui sort. ^ ^

J'ai lui sur le Sina -', j'ai lui sur le Taygète ^;

Te sais le caillou d'or et de feu que Dieu jette,

Comme avec une fronde, au front noir de la nuit.

Je suis ce qui renaît quand un monde est détruit. 0 V-

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