‹ Œuvres choisiesChapitre 1 sur 149 · M GRESSET · texte numérisé non relu

M GRESSET

meilleure plaisanterie, ce sel et cette urbanité qu'on croyait n'appartenir qu'à la connaissance du monde, et qui se trouvaient dans un jeune religieux; enfin la broderie la plus riche et la plus brillante sur le plus chétif canevas : il y avait de quoi être confondu d'étonnement , et les juges de l'art devaient être encore plus étonnés que les autres.

Si quelque chose peut étonner davantage, c'est ce que Voltaire a imprimé de nos jours, que Vert-Vert et la Chartreuse étaient des ouvrages tombés. Jamais Gresset ne l'avait offensé en rien ; au contraire, il avait fait de très-jolis vers en réponse aux détracteurs d'^Zr^ ire, en 1736, à l'époque même où le succès de Vert-Vert et de la Chartreuse lui donnaient sur l'opinion une influence proportionnée à sa célébrité. Mais, en 1760, il annonça qu'il avait renoncé au théâtre par des motifs de religion; et c'en étair assez pour que Voltaire ne lui pardonnât point.

Il reproche au Méchant de n'être pas

Des mœurs du temps un portrait VL'ritable,

et c'est précisément, après le mérite du style, celui qui est le plus éminent dans cette comédie, la seule où l'on ait saisi le vrai caractère de notre siècle. Qui est-ce qui ne sait pas une foule de vers du Méchant? On en peut dire autant de Vert-Vert et de la Chartreuse; et j'ignore s'il existe des ouvrages en

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