ACTE III, SCÈNE IX
J'oubiiois de vous dire Qu'on a fait des couplets sur Lucile et Delphire : Lucile en est outrée, et ne se montre plus; Mais Delphire a mieux pris son parti la-ôessus; On la trouve partout s'afBchant de plus belle, Et se moquant du ton, pourvu qu'on parle d'elle. Lise a quitté le rouge, et l'on se dit tout bas Qu'elle feroit bien mieux de quitter Licidas; On prétend qu'il n'est pas compris dans la réforme, Et qu'elle est seulement bégueule pour la forme.
GÉRONTE
Quels diables de propos me tenez-vous donc là?
Quoi! vous ne saviez pas un mot de tout cela? On n'en dit rien ici? l'ignorance profonde! Mais c'est, en vérité, n'être pas de ce monde; Vous n'avez donc, monsieur, aucune liaison? Eh mais! où vivez-vous?
GÉRONTE. -
Parbleu! dans ma maison, M'embarrassant fort peu des intrigues frivoles D'un tas de freluquets, d'une troupe de folles; Aux gens que je connois paisiblement borné. Eh! que m'importe à moi si madame Pliryné Ou madame Lucile affichent leurs folies? Je ne m'occupe point de telles minuties. Et laisse aux gens oisifs tous ces menus propos, Ces puérilités, la pâture des sots.
'' CLÊON,.
(A Gcronle.) (Bas, 5 VaUre.J
Vous avez bien raison... Courage.
GÉRONTE
Cher Valcre, Nous avons, je le vois, la tète un peu légère. Et je sens que Paris ne t'a pas mal gâté : Mais nous te guérirons de ta frivolité. Ma nièce est raisonnable, et ton amour pour elle Va rendre à ton esprit sa forme naturelle.
VA LÈR E.
C'est moi, sans me flatter, qui vous corrigerai De n'être au fait de rien, et je vous conterai...
Je l'en dispense,
VALÈRE
On peut vous rendre un homme aimable, Mettre votre maison sur un ton convenable. Vous donner l'air du monde au lieu des vieilles mœurs. On ne vit qu'à Paris, et l'on végète ailleurs.
CLÉON
(Bas, à VaUre.) (Bas, à Géronte )
Ferme 1... Il est singulier.
GÉRONTE
Mais c'est de la folio.
U faut qu'il ait...
VALÎIRE.
La nièce est-elle encor jolie?
GÉRONTE
Cuiimient, encor! je crois qu'il a peiûu l'esprit; Elle est dans son printemps , chaque jour l'embcllil