‹ Œuvres choisiesChapitre 143 sur 149 · CLÉON, FLORISE · texte numérisé non relu

CLÉON, FLORISE

CLÉON

Vous venez à propos : j'allois chez vous, madame... Mais quelle rêverie occupe donc votre âme? Ou'avez-vous? vos beaux yeux me semblent moins scroinsi Faite pour les plaisirs, auricz-vous des chagrins?

FLOniSE.

J'en ai de trop réels.

CLÉON

Dites-les-moi, de grâce; Je les partagerai , si je ne les efface. Vous connoissez...

FLORISE

J'ai fait bien des réflexions, Et je ne trouve pas que nous nous convenions.

CLÉON

Comment, belle Florise? et quel affreux caprice Vous force à me traiter avec tant d'injustice? Quelle étoit mon erreur! quand je vous adorois, Je me croyois aimé...

FLORISE

Je me l'imaginois; Biais je vois à présent que je me suis trompée : Par d'autres sentiments mon âme est occupée Des folles passions j'ai reconnu l'erreur, Et ma raison enfin a détrompé mon cœur.

CLÉON

Mais est-ce bien à moi que ce discours s'adresse?

A moi dont vous savez l'estime et la tendresse,

Qui voulois à jamais tout vous sacrifier,

Qui ne voyois que vous dans l'univers entier ?

Ne me confirmez pas l'arrêt que je redoute;

Tranquillisez mon cœur : vous l'éprouvez, sans doute?

FLORISE

Une autre vous auroit fait perdre votre temps, Ou vous amuseroit par l'air des sentiments ; Moi, qui ne suis point fausse...

CLEON, à genoux, et de l'air le plus affligé.

Et VOUS pouvez, cruelle,

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