‹ Œuvres choisiesChapitre 144 sur 149 · ACTE V, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VII

M'annoncer froidement cette affreuse nouvelle?

FLORISE

Il faut ne nous plus voir.

G LE ON, se relevant, et éclatant de rire.

Ma foi , si vous voulez Que je vous parle aussi très-vrai, vous me comblez. Vous m'avez épargné, par cet aveu sincère, Le même compliment que je voulois vous faire. Vous cessez de m'aimer, vous me croyez quitté ; Mais j'ai depuis longtemps gagné de primauté.

FLORISE

C'est trop souffrir ici la honte oiî je m'abaisse; Je rougis des égards qu'employoit ma foiblesse. Eh bien ! allez , monsieur : que vos talents sur nous Épuisent tous les traits qui sont dignes de vous ; Ils partent de trop bas pour pouvoir nous atteindre. Vous êtes démasqué, vous n'êtes plus à craindre : Je ne demande pas d'autre éclaircissement, Vous n'en méritez point. Partez dès ce moment; Ne me voyez jamais.

CLÉON

La dignité s'en mêlel Vous mettez de l'humeur à cette bagatelle! Sans nous en aimer moins, nous nous quittons tous deux. Épargnons à Géronte un éclat scandaleux, Ne donnons point ici de scène extravagante , Attendons quelques jours, et vous serez contente : D'ailleurs il m'aime assez, et je crois mal aisé...

FLORISE

Oh ! je veux sur-le-champ qu'il soit désabusé.

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