‹ Œuvres choisiesChapitre 41 sur 149 · A M. DE BOULONGNE · texte numérisé non relu

A M. DE BOULONGNE

De l'imbécillité profonde

De nous autres provinciaux

Montre combien dans nos propos

Nous sommes au fait de ce monde,

Et présente dans tout leur jour

Notre force et nos connoissances

Sur les nouvelles et la cour,

Sur l'usage et ses dépendances.

Ce trait excusera mon zèle

De vous être si tard offert.

Grâce à l'éclipsé habituelle

Dont notre mérite est couvert.

Mon anecdote n'est pas neuve ;

Mais les provinciaux passés

Sont trop dignement remplacés

Pour que le temps nuise à ma preuve.

Quand Vardes revint à la cour,

Rappelé par la bienfaisance,

Après un très-mortel séjour

De province et de pénitence,

Louis quatorze, avec bonté,

S'informant du genre de vie

Qu'il avoit mené, du génie,

Du ton de la société

Au lieu qu'il avoit habité :

« Sire, excellente compagnie,

« De l'esprit comme on n'en a point,

0 Gens tliarmants, instruits de tout point.

« Et d'une ressource infinie.

a Ce sont des conversations

« Incroyables, fort amusantes:

« Il s'y traite des questions

« Très-neuves, très-intéressantes.

« Par exemple, quand je partis,

« On avoit mis sur le tapis

« Un problème assez difficile,

« Et sur lequel toute la ville

« Parloit sans pouvoir s'accorder :

« La question étoit critique;

K II s'agissoit de décider

« Une matière politique,

« nt qui, de votre Majesté

« Ou de Monsieur, étoit l'aîné. »

Sur notre gauloise ineptie C'est trop arrêter vos regards, Tandis que la gloire, les arts, Et le bon' eur de la patrie Vous occupent de toutes parts, Tandis que votre main féconde Soutient, dans ses brillants travaux, Le pavillon et les drapeaux Du pacificateur du monde.

Puissent mon hommage et mes vers Vous être heurcu^ement offerts, Loin du bruit de la galerie.

Loin du chaos des suppliants, Quand vous viendrez quelques instants Respirer à la Tuilerie!

C'est dans ce séjour enchanteur.

Palais de Flore et de Minerve, Que le premier fruit de ma verve Reçut le prix le plus flatteur,

A. M. DE BOULONGNE. t/J

Dîs suirragcs dont je conserve

L/n souvenir cher à mon cœur;

C'est dans ces beaux lieux que j'espère

Aller quelque jour vous offrir

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