LIVRE II. — ^.FADtvE XIV l4l
Faule XIV.— Le lièvre et les grenouilles',
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Un lièvre en son g-îte song-eait ^"^ ^^^^ o.<M£i
(Car que faire en un gîte, à moins que l'on ne songe?) Dans un profond ennui ' ce lièvre se plongeait : Cet animal est triste, et la crainte le ronge.
(( Les gens de naturel peureux
Sont, disait-il, bien malheureux :
Ils ne sauraient" manger morceau qui leur profite; Jamais un plaisir pur; toujours assauts divers. Voilà comme * je A'is : cette crainte maudite M'empêche de dormir sinon les jeux ouverts. Corrigez-vous, dira quelque sage cervelle.
Et la peur se corrige-t-elle ?
Je crois même qu'en bonne foi
Les hommes ont peur comme moi. )>
Ainsi raisonnait notre lièvre,
Et cependant 'faisait le guet.
Il était douteux^ inquiet:
Un souffle, une ombre, un rien, tout lui donnait la fièvre.
Le mélancolique' animal.
En rêvant à cette matière, Entend un léger bruit : ce lui fut un signal
Pour s'enfuir devers * sa tanière®.
Il s'en alla passer sur le bord d'un étang. Grenouilles aussitôt de sauter dans les ondes; Grenouilles de rentrer en leurs grottes profondes.
« Oh! dit-il, j'en fais faire autant
Qu'on m'en fait faire ! Ma présence Effraie aussi les gens ! je mets l'alarme ^° au camp !
Et d'où me vient cette vaillance ?