‹ Œuvres choisiesChapitre 116 sur 507 · LIVRE II. FABLE XX l · texte numérisé non relu

LIVRE II. FABLE XX l

Lui commanda de braire, assuré au h ce son J.cs moins intimidés fuirai'ent de leur maison. Leur troupe n'était pas encore accoutumée

A la tempête de sa voix ; L'air en retentissait d'un bruit épouvantable : La frayeur saisissait les hôtes de ces bois. Tous fuyaient, tous tombaient au pièg-e inévitable

Où les attendait le lion.

« N'ai-je pas bien servi dans cette occasion ? Dit Tàne, en se donnant tout l'honneur de la chasse. — Oui, reprit le lion, c'est bravement crié ^ : Si je ne connaissais ta personne et ta race,

J'en serais moi-même clFrayé. »

L'àne, s'il eût osé, se fût mis en colère, Encor qu'on le raillât avec juste raison ; Car qui pourrait soulfrir un âne fanfaren ?

Ce n'est pas là leur * caractère.

Fable XX, — Testament expliqué par Ésope*.

Si ce qu'on dit d'Ésope est vrai,

C'était l'oracle de la Grèce :

Lui seul avait plus de sag^esse Que tout l'Aréopage*. En voici pour essai •

Une histoire des plus g-entilles.

Et qui pourra plaire au lecteur.

Un certain homme avait trois fdles,

Toutes trois de contraire humeur :

Une buveuse, une coquette,

La troisième avare parfaite.

Cet homme, par son testament,

Selon les lois municipales, Leur laissa tout son bien par portions égales,

U Bravement crt«'. Alliance de i. Aréopage. Conseil suprême

mots pleine de malice. des Atlu.-niens, composé des an-

^ , .• tr /^ ciens archonles, qui siégeait sur

2 Leur caractère^ . Grammaire, j^ colline (en grec, paqos) d'Ares

gyllepse. , ou Mars).

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