Oronte. Fouqi et.
Va loiit ce vain amour des j^randcins vi du i)rnil
Ne le saurait* quitter qu'après l'avenir déirait.
Tant d'exemples iameux que l'histoire en raconte
Ne suftisaient-ils pas^, sans la perte d'Oronte?
Ah I si ce faux éclat n'eut pas l'ait ses plaisirs, :i5
Si le séjour de \'aux eût borné ses désirs,
Qu'il pouvait doucement laisser couler son âge !
\'ous n'avez pas chez vous ce brillant équipage,
Cette foule de gens qui s'en vont chaque jour
Saluer à longs Ilots le soleil de la Cour ; 10
Mais la faveur du Ciel vous donne en récompense -
Du repos, du loisir, de l'ombre et du silence,
Un tranquille sommeil, d'innocents entretiens :
Et jamais à la cour on ne trouve ces biens.
Mais quittons ces pensers ' : Oronte nous appelle. 45
Vous, dont il a rendu la demeure si belle,
Nymph-en, qw lui devez vos plus charmants appas,
Si le long de vos bords Louis porte ses pas,
Tâchez de l'adoucir, fléchissez son courage *.
Il aime ses sujets, il est juste, il est sage ; 50
Du titre de clément rendez-le '" ambitieux :
C'est par là que les rois sont semblables aux dieux.
Du magnanime Henri'' qu'il contemple la vie ;
Dès qu'il put se venger, il en perdit l'envie.
Inspirez à Louis cette même douceur : 55
La plus belle victoire est de vaincre son cœur.
Oronte est à présent un objet de clémence ;
S'il a cru les conseils d'une aveugle puissance,
Il est assez puni par son sort rigoureux ;
Et c'est être innocent que d'être malheureux. 60
La tuucli.inlc fjléijie de; La Fontaine, pas plus que les éloqui-nts Mémoires de Pellisson. ne devait désarmer la colère de L<iuis XtV. En al'.cndanL do faire condamner Fouquet el d'aggiavcr sa peine (1064 1, il poursuit impiLi^yablement tous ceux quil'ontscrvi. A ce titre, son substitut au Parlement, Jannart, est exilé à Limoges. Avec un dévouement louable, La Frmtaine