LIVRE ili. - — FABLE III
Ce leur fut une erreur dont ils se repentirent. Bientôt les pauvres gens tombèrent en langueur ; Il ne se forma plus de nouveau sang au cœur; Chaque membre en soulTrit; les forces se perdirent.
Par ce moyen, les mutins virent Que celui qu'ils croyaient oisif et paresseux A l'intérêt commun contribuait plus qu'eux.
Ceci peut s'appliquer à la grandeur royale*. Elle reçoit et donne, et la chose est égale. Tout travaille pour elle, et réciproquement
Tout tire d'elle l'aliment.
Elle fait subsister l'artisan de ses peines, Enrichit le marchand, gage le magistrat. Maintient* le laboureur, donne paie au soldat, Distribue en cent lieux ses grâces souveraines,
Entretient seule tout l'État.
Ménénius ^ le sut bien dire.
La commune * s'allait séparer du sénat. Les mécontents disaient qu'il avait tout l'empire, Le pouvoir, les trésors, l'honneur, la dignité ; Au lieu que tout le mal était de leur côté. Les tributs, les impôts, les fatigues de guerre. Le peuple hors des murs était déjà posté, La plupart s'en allaient chercher une autre terre.
Quand Ménénius leur lit voir
Qu'ils étaient aux membres semblables.
Et par cet «pologue, insigne entre les fables,
Les r;i:nena dans leur devoir.
Fable IIL — Le loup devenu berger *
Un loup, qui commençait d'avoir petite part
Aux brebis de son voisinage.
Crut qu'il fallait s'aider de la peau du renard',
Et faire un nouveau personnage.
i. Lagrandeur royale. ChezÉso- où ils s'étaient retirés, en leur di-
pe, l'allégorie s'appliquait au chef santcetapalogue.(Tite-Live, 1. II.)
a armée.En bon sujet, jLa Fontaine 4. La commune. Le commun, le
i'applique à la monarchie. menu peuple.