LIVRE IV. FABLE IX
Ce n'étnienl que vœux et quoirraiidus, sacrifices de ba-ufs couronnés de «^-^uirlandes.
Jamais idole', quel qu'il lût,
N'avait eu cuisine si grasse, Sans que pour tout ce culte à son hôte il échût Succession, trésor, j,'^ain au jeu, nulle g^ràce. Bien plus, si pour un sou d'ora^^e en quelque endroit
S'amassait d'une ou d'autre sorte, L'homme en avait sa part, et sa bourse en soufîroit : La pitance - (lu dieu n'en était pas moins i'orte. A la fin, se fâchant de n'en obtenir rion. Il vous prend un levier, met en pièces l'idole. Le trouve rempli d'or. « Quand je t'ai fait du bien, ALas-tu valu, dit-il, seulement une obole ^? Va, sors de moji hij^is, cherche d'autres autels.
Tu ressembles aux naturels
Malheureux, grossiers et stupides :
On n'en peut rien tirer qu'avecque * le bâton. Plus je te remplissais, plu« mes mains étaient vides :
J'ai bien fait de changer de ton. »
Fable IX. — Le geai paré des plumes du paon '.
Un paon muait ^ : un geai prit son plumage;
Puis après se l'accommoda ; Puis parmi d'autres paons tout lier se panada ^,
Croyant être un beau personnage.
Quelqu'un le reconnut : il se vit bafoué.
Berné *, sitïlé, moqué, joué.
Et par messieurs les paons plumé d'étrange sorte; Même, vers ses pareils s'étant réfugié,
Il fut par eux mis à la porte.