LIVRE IV. FABLE XII
De son seul appétit *, crurent que cette fois
Il fallait subir d'autres lois.
On s'assemble au désert : tous quittent leur tanière. Après divers avis, on résout, on conclut
D'envoyer hommage ^ et tribut.
Pour l'hommag-e et pour la manière Le singe en fut chargé : Ton lui mit par écrit
Ce que l'on voulait qui ^ fût dit.
Le seul tribut les tint en peine :
Car que donner ? il fallait de l'arg-ent.
On en prit d'un prince obligeant,
Qui possédait dans son domaine Des mines d'or, fournit ce qu'on voulut. Comme * il fut question de porter ce tribut.
Le mulet et l'àne s'offrirent, Assistés du cheval ainsi que du chameau.
Tous quatre en chemin ils se mirent, Avec le singe, ambassadeur nouveau.
La caravane enfin rencontre en un passage Monseigneur le lion ; cela ne leur plut point.
« Nous nous rencontrons tout à point, Dit-il; et nous voici compagnons de voyage.
J'allais offrir mon fait ^ à part ; Mais, bien qu'il soit léger, tout fardeau m'embarrasse. Obligez-moi de me faire la grâce
Que ° d'en porter chacun un quart; Ce ne vous sera pas une charge trop grande, Et j'en serai plus libre et bien plus en état. En cas que les voleurs attaquent notre bande,
Et que l'on en vienne au combat. » Éconduire un lion rarement se pratique.
Le voilà donc admis, soulagé, bien reçu. Et malgré le héros de Jupiter issu.
Faisant chère ' et vivant sur la bourse publique.
Ils arrivèrent dans un pré