‹ Œuvres choisiesChapitre 168 sur 507 · LIVPE IV. — FABLE XXII · texte numérisé non relu

LIVPE IV. — FABLE XXII

Les aloiletles font leur nid

Dans les blés, quand ils sont en herbe :

C'est-à-dire environ ^ le temps Que * tout aime et que tout pullule * dans le monde,

Monstres marins au fond de l'onde, Tigres dans les forêts, alouettes aux *■ champs.

Une pourtant de ces dernières Avait laissé passer la moitié d'un printemps Sans goûter le plaisir des amours printanières, A toute force enfm elle se résolut D'imiter la nature et d'être mère encore. Elle bàlit un nid, pond, couve, et fait éclore, A la hâte; le tout alla du mieux qu'il put. Les blés d'alentour mûrs avant que la nitée *

Se trouvât assez forte encor

Pour voler et prendre l'essor, De mille soins ^^ divers l'alouette ag-itée S'en va chercher pâture, avertit ses enfants D'être toujours au guet et faire ' sentinelle.

« Si le possesseur de ces champs Vient avecque * son fds, comme ^ il viendra, dit-elle,

Écoutez bien ; selon ce qu'il dira.

Chacun de nous décampera. »

Sitôt que l'alouette eut quitté sa f^amille. Le possesseur du champ vient avecque son fils. « Ces blés sont mûrs, dit-il : allez chez nos amis Les prier que ^^ chacun, apportant sa faucille. Nous vienne aider demain dès la pointe du jour. »

Notre alouette de tetour

Trouve en alarme sa couvée.

L'un commence : « Il a dit que. l'aurore levée, L'on fit venir demain ses amis pour l'aider. — S'il n'a dit que cela, repartit l'alouette. Rien ne nous presse encor de changer de retraite;

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