‹ Œuvres choisiesChapitre 17 sur 507 · A droite. Versification. 3. Gothique était alors a peu · texte numérisé non relu

A droite. Versification. 3. Gothique était alors a peu

-. Femmes, moines, vieillards, près svnonyine de laid.

[tout était descendu. 4. Nus inuuvemenls. Les trou-

{Le Coche et la Mouche.) blés civils.

2i LA FONTAINE

Quand Turenne assiégea Tavanne, Tiirenne Ht ce que la cour lui dit, Tavanne non ; car il se défendit, Et joua de sa sarbacane *.

B<*aucoup de sang français fut alors répandu. On perd des deux côtés dans la guerre civile : Notre prince eut toujours perdu.

Quand même il eût gagné la ville.

Entin nous regardâmes avec pitié les faubourgs d'Etampes. Imaginez-vous une suite de maisons sans toits, sans fenêtres, percées de tous les côtés : il n'y a rien de plus laid et de plus hideux. Cela me remet en mémoire les ruines de Troie la grande. En vérité, la fortune se moque bien du travail des hommes. J'en entretins le soir notre compagnie, et le lendemain nous traversâmes la Beauce, pays ennuyeux, et qui, outre l'inclination que j'ai à dormir, nous en fournissait un très beau sujet.

Pour s'en empêcher, on mit une question de controverse sur le tapis : notre comtesse en fut cause ; elle est de la religion *, et nous montra un livre de du Moulin ^ M. deChâteauneuf (c'est le nom du valet de pied*) l'entreprit, et lui dit ((ue sa religion ne valait rien, pour bien des raisons... Enfin il lui conseillait de se convertir, si elle ne voulait aller en enfel':carle purgatoire n'était pas pour des gens comme elle. La Poitevine se mit aussitôt sur l'Écriture, et demanda un passage où il fût parlé du purgatoire ; pendant cela, le notaire chantait toujours, M. Jannart et moi nous endormîmes.

Ces aventures nous divertirent de telle sorte, que nous entrâmes dans Orléans sans nous en être presque aperçus : il semblait même que le soleil se fût amusé- à les entendre aussi bien que nous ; car quoique nous eussions fait vingt lieues, il n'était pas encore au bout de

1. Jnua de sa gnrbacanp. Se 2, Elle est de la religion. C'est-

condiiisil en rebelle. Ce Tavan- 5-dire protestante.

nés, petil-lils du maréchal de Saul.x- , r... tui^,.i:^ r-<4iAk..^ «„;.,;^.(n/.

T„.,„ „, ,. 4»,^i • f -.,1/ ,i„ii, ^' L)ii Moulin. Célèbre ministro

Tavannes, attache a Conde, rebelle r. * t t

lui-même, déf.-ndait Etampes au pioteslani.

moment de la Fronde. 4. V. p. 20, note 4.

sa traite. Bien davantage, . . . il s'était tellement paré ' , que M. de Ghâteauneuf et moi nous l'allàmes reg^arder d« dessus le pont. Par même moyen, je vis la Pucelle ; mais ma foi, ce fut sans plaisir : je ne lui trouvai ni l'air, ni la taille, ni le visage d'une amazone : l'infante Gradafillée " en vaut dix comme elle ; et, si ce n'était que M. Chapelain est son chroniqueur, je ne sais si j'en ferais mention. Je la regardai, pour l'amour de lui, plus longtemps que je n'aurais fait. Elle est à genoux devant iiue croix, et le roi Charles en même posture visà-vis d'elle, le tout fort chétif et de petite apparence. C'est un monument^ qui se sent de la pauvreté de son siècle.

Le pont d'Orléans ne me parut pas non plus d'une largeur ni d'une majesté proportionnée à la noblesse de son emploi, et à la place qu'il occupe dans l'univers.

Ce n'est pas petite gloire Que d'être pont sur la Loire.

On voit à ses pieds rouler La plus belle des rivières Que de ses vastes carrières Phébus regarde couler.

Elle est près de trois fois aussi large à Orléans que la Seine l'est à Paris, l'horizon très beau de tous les côtés, et borné comme il le doit être. Si bien que cette rivière étant basse à proportion, ses eaux fort claires, son cours sans replis, on dirait que c'est un canal. De chaque côté du pont on voit continuellement des barques qui vont à voiles; les unes montent, les autres descendent ; et comme le bord n'est pas si grand qu'à Paris, rien n'empêche qu'on ne les distingue toutes : on les compte, on remarque en quelle distance elles soilt les unes des autres; c'est ce qui fait une de ses beautés : en effet, ce serait dommage qu'une eau si pure fût entièrement couverte par des bateaux. Les Aoi-

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