LIVRE V. — FABLE II
l'ALLE 11 — Le pot de terre et le pot de fer '.
;Le pot de fer proposa
1 Au pôl de terre un voyag-e. ^
\Celui-ci s'en excusa,
î)isant qu'il ferait que sage '
De^gjarder le coin du feu ;
Car il lui fallait si peu,
Si peu, que la moindre chose
De son débris ' serait cause :
Il n'en reviendrait morceau.
« Pour vous, dit-il, dont la peau
Est plus dure que la mienne,
Je ne vois rien qui vous tienne.
— Nous vous mettrons à couvert^
Repartit le pot de fer :
Si quelque matière dure
^^ous menace d'aventure *,
Entre deux je passerai.
Et du coup vous sauverai. »
Celte offre le persuade.
Pot de fer son camarade
Se met droit à ses côtés.
Mes gens s'en vont à trois pieds,
Clopin-clopant^ comme ils peuvent,
L'un contre l'autre jetés
Au moindre hoquet*^ qu'ils treuvent".
Le pot de terre en souffre; il n'eut pas fait cent pas Que par son compagnon il fut mis en éclats.
Sans qu'il eût lieu de se plaindre.
Ne nous associons qu'^ecqiie' nos ég-aux, Ou bien il nous faudra craindre Le deslin d'un de ces pots"-'.