‹ Œuvres choisiesChapitre 179 sur 507 · LIVRE V. FABLE VII · texte numérisé non relu

LIVRE V. FABLE VII

Dormaient ics deux pauvres servantes.

L'une entr'ouvrait un œil, l'autre étendait un bras;

Et toutes deux, très mal contentes, Disaient entre leurs dents : « Maudit coq, tu mourras! » Comme elles l'avaient dit, la bête fut g^rippée^: Le réveille-matin eut la gorge coupée.

Ce meurtre n'amenda nullement leur marché^: Notre couple, au contraire, à peine était couché, Que la vieille, craig-nant de laisser passer l'heure, Courait comme un lutin' par toute sa demeure.

C'est ainsi que, le plus souvent.

Quand on pense sortir d'une mauvaise afTaire,

On s'enfonce encor plus avant :

Témoin ce couple et son salaire.

La vieille, au lieu du coq, les fît tomber par là

De Charybde en Scylla*.

Fabe vil — Le satyre et le passant ^

Au fond d'un antre sauvage Un satyre '' et ses enfants Allaient manger leur potage, Et prendre l'écuelle aux ' dents^

On les eût vus sur la mousse.

Lui, sa femme, et maint petit ; Ils n'avaient tapis ni housse.

Mais tous fort bon appétit.

Pour se sauver de la pluie, Entre un passant morfondu.

Au brouet ' on le convie, Il n'était pas attendu.

i. Grippée. Les. gouffres du détroit de Sicile.

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