‹ Œuvres choisiesChapitre 190 sur 507 · LIVRE V. — FABLE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE V. — FABLE XIX

Rechignes, un air triste, une voix de Mégère*.

(( Ces enfants ne sont pas, dit l'aigle, à notre ami.

Croquons-les. » Le galant^ n'en fit pas à demi ;

Ses repas ne sont point repas à la légère.

Le hibou, de retour, ne trouve que les pieds

De ses chers nourrissons, hélas I pour toute chose.

Il se plaint ; et les dieux sont par lui suppliés

De punir le brigand qui de son deuil est cause.

Quelqu'un lui dit alors : « N'en accuse que toi, Ou plutôt la commune loi Qui veut qu'on trouve son semfelable Beau, bien fait, et sur tous aimable.

Tu fis de tes enfants à l'aigle ce porlniit : En avaient-ils le moindre trait ?

Fable XIX. — Le lion s'en allant en guerre',

Le lion dans sa tête avait une entreprise ;

Il tint conseil de guerre, envoya ses prévôts*, , ;

Fit avertir les animaux, "'"^

Tous furent du dessein % chacun selon sa guise® :

L'éléphant devait sur son dos

Porter l'attirail nécessaire,

Et combattre à son ordinaire';

L'ours, s'apprêter pour les assauts ; Le renard, ménager de secrètes pratiques * ; Et le singe, amuser l'ennemi par ses tours. « Renvoyez, dit quelqu'un, les ânes, qui sont lourds. Et les lièvres, sujets à d. s terreurs paniques. — Point du tout, dit le roi, je les ^ veux employer : Notre troupe sans eux ne serait pas complète. L'àne effraiera les gens, nous servant de trompette'"; Et le lièvre pourra nous servir de courrier. »

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