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LIVRE VI

FABIES IX ET X 231

Fasle IX. — Le cerf se voyant dans i'eau *

Dans le cristal d'une fontaine

Un cerf se mirant autrefois

Louait la beauté de son bois.

Et ne pouvait qu'avecque * peine

Souffrir ses jambes de fuseaux, Dont il voyait l'objet ' se perdre dans les eaux. ' Quelle proportion de mes pieds à ma tête? Uisait-il, en voyant leur ombre avec douleur : Des taillis les plus hauts mon front atteint le faîte Mes pieds ne me font point d'honneur. »

Tout en parlant de la sorte,

Un limier le fait partir;

Il tâche à * se garantir;

Dans les forets il s'emporte.

Son bois, dommag-eable ornement,

L'arrêtant à chaque moment,

Nuit à l'office que lui rendent

Ses pieds, de qui ^ ses jours dépendent. Il se dédit alors, et maudit les présents

Que le ciel lui fait tous les ans.

Nous faisons cas du beau, nous méprisons l'utile ; Et le beau souvent nous détruit.

Ce cerf blâme ses pieds qui le rendent agile : Il estime un bois qui lui nuit.

Fable X. — Le lièvre et la tortue \

Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. Le lièvre et là tortue en sont un témoignage. « Ga,«-eons, dit celle-ci, que vous n'atteindrez point Sitôt que moi ce but. — Sitôt ? êtes-vous sage ?

Repartit l'animal léger.

Ma commère, il vous faut purger

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