e dément- V. p. 22, n. 3. 6. Son département. Sa part
32 lA. tONTAINE
Que j'en ai l'âine encore loulc énuic.
Coteaux riants \ sont des deux côtésj Coteaux non pas si voisins de la nue Qu'en Limosin, mais coteaux enchantés, Belles maisons, beaux parcs, et bien plantés, Prés verdoyants dont ce pays abonde, Vip^nes et bois, t int de diversités.
Qu'on croit d'abord être en un autre monde.
Mais le plus bel objet, c'est la Loire sans doute: On la voit rarement s'écarter de sa route; Elle a peu de replis dans son cours mesuré: Ce n'est pas un ruisseau qui serjiente en un pré,
C'est la tille d'Amphitrite;
C'est elle dont le mérite,
Le nom, la gloire, et les bords,
Sont dig-nes de ces provinces Qu'entre tous leurs plus grands trésors
Ont toujours placé* nos princes.
Elle répand son cristal Avec magnificence;
Et le jardin de la France
Méritait un tel canal.
Je lui veux du mal en une chose; c'est que, l'ayant vue, je m'imaginai qu'il n'y avait |)lus rien à voir: il ne me resta ni curiosité ni désir. Richelieu m'a bien fait changer de sentiment.
C'est un admirable objet' que ce Richelieu: j'en ai daté ma troisième lettre j^arce que je l'y ai achevée. Voyez l'oblii^ation que vous m'avez : il ne s'en faut pas un quart d'heure qu'il ne soit minuit, et nous devons nous lever demain avant le soleil, bien qu'il ait promis en se couchant qu'il se lèverait de fort grand matin. J'emploie cependant les heures qui me sont les plus précieuses à vous faire des relations, moi qui suis enfant du sommeil et de la paresse. Qu'on me parle après cela des maris ipii se sont sacrifiés pour leurs femmes !
1. PIhc'I La règle du participe o))serv(;(' surtout dans les veis, passé n'est pas encore toujours 2. Objet. Lex.
Fe
LE POhTE DE VAIX 33
A ChâtellerauU, ce 5 septembre 1663.
Nous arrivâmes à Amboise d'assez bonne heure, mais ar un Tort mauvais len^pscje ne laissai pas d'employer e reste du jouràvoir le chaleau.De vous en faire le plan, c'est à quoi je ne m'amuserai point, et pour cause. Vous saurez, sans plus, que deversMa A'ille il est situé sur un roc, et paraît extrêmement haut. Vers la campagne, le terrain d'alentour est plus élevé. Dans l'enceinte il y a trois ou quatre choses fort remarquables. La première est ce bois de cerf dont on parle tant, etdonton ne parle pas assez selon mon avis: car, soit qu'on le veuille faire passer pour naturel ou pour artificiel, j'y trouve un sujet d'étonnement presque éq-al. Ceux qui le trouvent artificiel tombent d'accord que c'est bois de cerf, mais de plusieurs pièces: or, le moyen de les avoir jointes sans qu'il y paraisse de liaison? De dire aussi qu'il soit- naturel, et que l'univers ait jamais produit un animal assez grand pour le porter, cela n'est guère croyable.
Il en sera toujours douté, Quand bien ' ce cerf aurait été Plus ancien qu'un patriarche :
Tel animal, en vérité.
N'eût jamais su tenir dans Tarche.
Ce que je remarquai encore de singulier, ce furent deux tours bâties en terre comme des puits : on a fait dedans des escaliers en forme de rampes par où l'on descend jusqu'au pied du château ; si bien qu'elles touchent, ainsi que les chênes dont parle Virgile*,
D'un bout au ciel, d'autre bout aux enfers.